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From Dust to Hell Forum RPG où les créatures de la nuit font tomber les masques
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Trisha Welsh Guest
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Posted: Sun 31 Aug - 17:01 Post subject: Au "Plaisir des Iles"- Boutique & Domicile de Trisha Welsh |
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La rue commerçante était bondée, ce jour là. Dans toutes les boutiques, on s'activait, on s'interpellait, on se pressait, se rencontrait et l'on bavardait avec une joyeuse insouciance au milieu du ballet bien organisé des vendeurs, serveurs et autres caissiers... Et le Plaisir des Iles n'échappait pas à la règle.
Située à l'angle de la rue commerçante, juste en face du poste de Police qui écrasait la place de son imposante masse grise, le Plaisir des Iles affichait des couleurs vives qui tranchaient nettement sur la grisaille environnante. Non pas que les autres façades manquent de couleur, bien au contraire! A Galway comme ailleurs en Irlande, les devantures -de maisons comme de commerce- s'ornaient de violets, de pourpres, de verts et de jaunes tendres. Mais justement, au milieu de toute cette joyeuse douceur, on n'en remarquait que mieux la teinte rouge carmin du "Plaisir", dont le nom s'étalait en grosses lettres blanches soulignées d'une fleur exotique.
Non, le "Plaisir" n'était ni un bar, ni une auberge quelconque, encore moins une maison de passe -on réservait cela à d'autres quartiers- mais bien une simple et modeste boutique de vêtements pour femmes et enfants. Un coup d'oeil à la vitrine laissait l'oeil se poser sur un assortiment de jupes, de chemisiers, de pantalons et de corsages aux couleurs chatoyantes. Lorsqu'on entrait, on remarquait immédiatement les lambris blancs et la décoration à base de bois flotté, de galets et autres coquillages bref, le thème de la mer. Les différentes créations -toutes réalisées à la main par la propriétaire- étaient éparpillées à travers la boutique sur des mannequins de couture. Les vêtements, quoi que modernes, s'inspiraient tous fortement du style Antillais traditionnel, c'est pourquoi on y retrouvais beaucoup de madras* souvent agrémentés de dentelles -discrètes ou voyantes selon les cas- et parfois même quelques coiffes à pointes. Au fond à gauche de la boutique se tenait un comptoir de bois rouge -du cèdre, sans doute- ou trônait la caisse. Derrière, une porte de bois peinte en rouge vermillon donnait accès à la partie du bâtiment réservé au personnel -c'est à dire, à la propriétaire.
Derrière cette porte se trouvait un escalier, resserré et sombre, par lequel on accédait à un appartement de quatre pièces. Le séjour et la cuisine se fondaient presque, séparés seulement par un bar et deux carrelages différents. La encore, le décor chaleureux s'ornait de couleurs accueillantes, crèmes agrémentées ici et la d'une touche de rouge, de orange ou de jaune. Le mobilier était simple. Un canapé rouge sang, une table de bois au vernis de miel, deux tabourets de bar, quatre chaises en osier et un fauteuil crème orné d'un plaid orange. Au fond à gauche, une bibliothèque soutenait à la fois livres, herbiers, portemanteaux et bouquets d'orchidées et de bougainvilliers. Dans l'angle opposé de la pièce, une simple arche close d'un rideau de perles de bois rouges, oranges et jaunes menait au couloir dont les murs ocres s'ornaient des photographies joyeuse d'un jeune couple et de leur petite fille sur fond de décor tropicaux.
Au bout du couloir, une chambre bleue, crème et blanche, avec un seul lit à baldaquin -deux places- couvert d'un édredon en patchwork aux couleurs chaudes. A droite du lit, posés sur la commode à vêtements, un énorme bouquet de fleurs rouges et jaunes, qui fait écho à celui qui trône sur le bureau, sous la fenêtre. Enfin, presque invisible dans le mur, une porte blanche donne sur la salle de bain turquoise et vert d'eau, d'ou s'échappent le bruit de l'eau qui coule et l'air tranquille d'une berceuse.
"Ma belle ka di maman li..."
C'est en fredonnant l'air que Trisha Welsh, propriétaire de la boutique et de l'appartement sortit de sa salle de bain et descendit les escaliers qui menaient au rez de chaussée.
D'un pas guilleret qui faisait flotter sa longue chevelure blonde derrière elle, elle gagna la porte de la boutique et retourna le petit écriteau rouge afin que, de la rue, ont puisse y lire "Ouvert". Distraitement, elle réarrangea un bracelet sur un présentoir, lissa le plis d'une jupe, et parti s'installer derrière son comptoir, ses jambes élégamment croisées ne laissant dépasser qu'une paire de ballerines blanches à motif floral.
Enfin, environ dix minutes plus tard, la clochette de la porte tintinnabula, et la jeune femme sortit de son petit espace pour accueillir la femme qui venait d'entrer:
"Bonjour Mademoiselle! Que puis-je pour vous?" |
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Elizabeth Silius Guest
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Posted: Mon 1 Sep - 11:17 Post subject: Au "Plaisir des Iles"- Boutique & Domicile de Trisha Welsh |
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Beth devait faire vite pour traverser cette rue bondée... Sa cape noire sur les épaules, son capuchon pointu sur sa tête, elle longait les murs pour un maximum d'ombre, elle était à la limite de courir, une destination bien en tête, et hop, elle voyait le coin de la rue, la boutique aux murs d'un rouge... rouge carmin... Devant la boutique, elle posa ses mains en cache soleil au dessus de ses yeux qui observaient l'intérieur de la boutique, collé à la vitre. La propriétaire était une femme, meilleure... Elle baissa les yeux et vit ce qu'elle voulait, il n'avait pas bougé de place... Elizabeth s'approcha de la porte d'entrée, elle poussa la porte et se faufila vite. La cloche raisonnait légèrement et son bruit fondit dans la pièce.
La vendeuse fit un joli sourire et dit d'une petite voix :
"Bonjour Mademoiselle! Que puis-je pour vous?"
Beth n'était venue ici que pour acheter un des joli corsets qu'elle avait vu la nuit dernière par la vitre en divaguant a la recherche de quoi manger... Le visage toujours caché sous un capuchon, elle répondit d'une voix douce et rassurante :
- Puis-je essayer le corset noir et violet qui se trouve devant la vitre s'il vous plait ?
[HRP : désolée, je ne fais pas plus long, j'ai des problèmes pour la rentrée =S pas sure de l'heure ! Il faut que je me renseigne mais j'suis toute seule à la maison] |
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Trisha Welsh Guest
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Posted: Sun 14 Sep - 10:02 Post subject: Au "Plaisir des Iles"- Boutique & Domicile de Trisha Welsh |
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C'était une belle femme, qui venait d'entrer dans la boutique. Bien sur, on pourrait objecter à ce constat qu'elle se dissimulait soigneusement sous u ample capuchon et qu'elle était couvert des pieds au bout des doigts. Mais Trisha avec un certain flair pour repérer les gens "beaux" -ou plus exactement ceux qui avaient un certain potentiel de séduction ce qui, croyez-le ou non, n'était pas la même chose. Par conséquent, c'était sans craindre de se tromper qu'elle qualifia la femme de "belle".
'Puis-je essayer le corset noir et violet qui se trouve devant la vitre s'il vous plait ?'
Pas de bonjour. Cela entâchait déjà son aura. Non pas que Trisha soit une maniaque de la politesse -sincèrement, ça pouvait être tellement ennuyeux, toutes ces règles, parfois! Mais enfin, un petit bonjour accompagné d'un sourire ne tuait personne, pas vrai? Mais bref, passons, il fallait à présent accéder à la requête de ladite femme, qui restait malgré tout une cliente, pas vrai?
"Bien sûr! Si vous voulez bien me suivre..."
Trisha se dirigea vers la vitrine, d'ou elle décrocha le corset précité, puis revint vers sa cliente et l'entraina dans le fond de la boutique, jusqu'à la cabine d'essayage, qu'un rideau rouge séparait du reste de la pièce.
"Tenez, prenez votre temps!"
On ne pressait jamais les client, après tout, c'était connu! |
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Mathias Soren Guest
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Posted: Sat 4 Oct - 18:45 Post subject: Au "Plaisir des Iles"- Boutique & Domicile de Trisha Welsh |
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A présent libéré de toute préoccupation secondaire, Mathias pouvait s'orienter pleinement vers la sélection de sa proie. En réalité, il l'avait déjà fait. En passant près de la place publique, le médecin avait remarqué que les gros titres du Galway Night Post parlaient des actes de Croquemitaine. On y indiquait les localisations de ses précédentes attaques, ce qui permettait de faciliter les fouilles de nuit. La nuit... Le manteau d'obscurité qui tapirait de bleu céleste le village ramènerait l'homme à sa nature, et à la faible constitution qui en découlait. Lui ne pouvait décemment pas affronter le monstre. Par-contre, Trisha le pourrait...
¤ Ouais, Trisha, ma grande copine... J'ai dû lui laisser une de ses impressions, c'est sûr, elle va accepter de m'aider sans problème... ¤
Les faits étaient là : il s'était comporté avec elle comme un salaud. Elle n'avait rien fait d'autre que de lui entrouvrir les portes de la Vérité, et lui n'avait rien trouvé de mieux à faire que d'en régurgiter de peur. Pitoyable, et irrespectueux de surcroit. D'un coup, ses chocolats lui parurent très petits, et risibles face à la colère de la française.
L'échoppe rouge plut au docteur, la lumière éteinte moins. Son cœur fit une embardée lorsque l'idée traitresse que peut-être, le Croquemitaine traînait aux alentours, lui monta au cerveau. Un peu pâle et tremblant, il alla se blottir contre la façade rouge (qui ressemblait à une demeure ensanglantée soudain) et attendit dans la solitude que quelqu'un passe, n'importe qui, histoire de le rassurer. |
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Trisha Welsh Guest
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Posted: Tue 4 Nov - 11:31 Post subject: Au "Plaisir des Iles"- Boutique & Domicile de Trisha Welsh |
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Tandis que la cliente passait de l'autre côté du rideau pour essayer son acquisition potentielle, Trisha se retourna, les mains sur les hanches pour inspecter sa boutique. Elle était, comme toujours, propre et colorée, et la grisaille de la rue n'en paraissait que plus déprimante. Sans compter qu'à cette heure matinale, ou le jour n'était pas encore vraiment levé, personne ne passait dans les rues... Pour la Française, habituée à l'animation de Bouillante, c'était mortelllement ennuyant et plat.
Elle s'apprêtait à repartir s'occuper de sa cliente, lorsqu'un détail attira son attention: plaquée contre la façade de la boutique, une chevelure noire ébouriffée signalait la présence de quelqu'un. En silence, la propriétaire du Plaisir des Iles se dirigea vers la porte et l'ouvrit doucement. Elle n'eut pas besoin de tourner la tête et de rencontrer le visage du médecin pour reconnaitre son odeur: la pleine lune était encore proche, et le vent soufflait dans la bonne direction, c'était plus qu'il n'en fallait pour lui permettre d'identifier un visiteur. Néanmoins, légèrement perplexe, elle n'interpella pas immédiatement Mathias: que faisait-il à cette heure, des chocolats à la main, tapi contre la devanture de sa boutique? Trisha finit néanmoins par se décider à l'aborder, et referma doucement la porte de sa boutique derrière elle.
"Bonjour Docteur." Dit-elle, un peu nerveuse. "Puis-je vous aider?
En temps normal elle aurait probablement plaisanté avec Mathias: était-il ici incognito pour se dissimuler de la sorte? Seulement voila: on ne pouvait pas dire que leur dernière rencotre -qui, manque de chance, était également la première- se soit très bien passée. Après tout, elle avait chamboulé la vie du Médecin, ce jour là. |
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Mathias Soren Guest
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Posted: Wed 5 Nov - 16:49 Post subject: Au "Plaisir des Iles"- Boutique & Domicile de Trisha Welsh |
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L'homme tourna rapidement sa tête vers Trisha, un soulagement perceptible s'étalant sur son visage. La sueur froide qui lui tenait compagnie depuis quelques minutes s'en alla, emportant avec elle les pensées effrayantes de la présence du Croquemitaine. Puis le docteur se rappela pourquoi il était venu, et sa face s'assombrit. La jeune femme paraissait tendue, et il ne pouvait s'empêcher de croire que s'était parce qu'elle avait peur de lui. Cette idée surtout révulsa Mathias, qui voulu faire disparaître cette possibilité le plus vite possible. Fouillant dans son répertoire expressif, il sortit son plus avenant et doux sourire en tendant sa boite de chocolats à la française. N'auraient été ses yeux cernés et sa bouche charriant une vague odeur de vomi, il serait passé pour un homme doux et attentionné. Mais dans son état actuel, la situation le plaçait plutôt dans la position du psychopathe.
- Tenez, Mlle Welsh, ces quelques douceurs... Je dois avouer ne pas m'être comporté de manière très poli, chez moi. Vous étiez la première personne à me tendre la main, et vous avez fait montre d'une confiance en ma nature dont je n'aurais moi-même pas été capable. Je sais que mon image à vos yeux ne doit pas être bien reluisante, mais j'aimerais vous parler. Modifier l'idée première que vous avez du vous faire de moi, parce que je ne pourrais pas vivre en supportant à chaque seconde le poids de ma culpabilité.
Le bras tendu vers son interlocutrice, il avança doucement en agitant faiblement la boite de gâteaux pour inciter la quimboiseuse à s'en saisir. Soudain, un éclair passa dans ses yeux et il retira vivement sa main, couvrant la boite en criant un brusque :
- Non !
Il tourna la tête vers la boite, et la regarda, comme si il s'agissait d'une horrible chose.
¤ Bon sang ! Comment n'ai-je pas pu y penser plus tôt ? Je vais lui offrir des chocolats, mais une partie de moi à toujours peur d'elle, la craint, voudrait l'observer comme un rat de laboratoire... Et si... Et si j'avais empoisonné les chocolats sans m'en rendre compte ? Il y a une semaine, j'aurais dit au psychologue qui m'aurait soumis cette hypothèse de chercher un nouveau métier, mais en une semaine, des choses ont eu lieu. Et mon esprit, qui aurait très bien pu être brisé, marche à nouveau comme neuf ! Un jour de repos, et je suis d'attaque, ET JE NE M'ETONNE PAS ! ¤
Le stress montait à la tête du médecin qui percevait peu à peu où son raisonnement le mènerait. Inexorablement, il s'approchait du gouffre de la vérité... Il se leva et se mit à arpenter la ruelle, les yeux fixant un point dans le lointain qui semblait lui faire horreur.
¤ Un jour pour se remettre du monde qui s'écroule... NON ! Aucun esprit ne peut s'en remettre aussi facilement... JE NE SUIS PAS FOU ! Ou peut-être... Ou PEUT-ETRE PAS ! Ou alors je suis devenu un peu fou... Rien ne veut plus rien dire... Je dois savoir. Expérimenter. Ma corde de secours. Si je suis réellement fou, alors nul doute que j'ai empoisonné des chocolats. ¤
En un volte-face qui secoua son manteau, Mathias marcha d'un pas vif jusqu'à la française et arracha le couvercle de la boite, puis il lui présenta les six gâteaux : les deux chocolats blancs fourrés à la ganache au moka d'un blanc crémeux, les deux doubles chocolat-caramel en forme de cœur, le chocolat rond au rhum et à l'orange et le chocolat noir carré coiffé d'une noisette qui indiquait son fourrage au noisettes. Il secoua la boite, et d'une voix pressée, ordonna :
- Choisissez ! Désignez-en un, que je le goûte ! Vous comptiez les manger tous ! Hahaha ! Mais vous êtes folle, ma pauvre amie ! Je vous rappelle que je vous ai chassé de chez moi après vous avoir proposé des sois-disant traitements tous rassurants les uns que les autres. Et puis je viens, comme une fleur, et je vous tend une belle boite de chocolats... Ils sont empoisonnés, à votre avis ? Vous pariés que oui ? N'en mangez aucuns ! Regrettez plus tard votre choix si ils s'avéraient excellents et que vous m'ayez brisé le cœur en refusant. Ou alors bouffez-les tous ! Faites-moi donc confiance, et lorsque vous perdrez conscience pour vous réveiller sur une table d'opération, nue comme un ver et les tripes à l'air, vous pourrez toujours ne pas céder à la panique en vous efforçant de ramener sur votre palais délicat le goût sucré du chocolat !
Mathias reprit son souffle, incapable de continuer. Il ne voyait plus rien, tout devenait flou, mais l'ivresse de son discours le rappelait déjà. Faisant l'ultime effort de lécher la salive qui commençait à poindre aux commissures de ses lèvres, il reprit :
- Mais je vous offre une meilleure possibilité. Vous voyez, il n'y a que six chocolats. Vous les voyez ? Comptez-les. COMPTEZ-LES ! Vous voyez ? Bien, alors maintenant, certains sont empoisonnés. Lesquelles ? Un ? Deux ? Tous ? Si je les avais empoisonnés, me serais-je attendu à ce que vous doutiez et que vous m'ordonniez d'en goûter un d'abords ? J'ignore tout ça. L'avais-je prévu ? Si oui, certain de ces gâteaux devraient ne pas être empoisonnés. Ce devraient être ceux que vous m'auriez logiquement ordonné de goûter, non ? Maintenant, suivez bien, d'accords ? Si je n'avais empoisonné que certains gâteaux, j'aurais essayé de prévoir lesquelles vous auriez cru les plus probables d'avoir été empoisonnés pour ne pas les empoisonnés pour que, en les goûtant, je vous tranquillise en ne l'affalant pas, raide mort. RAIDE MORT COMME UNE STATUE DE MARBRE ! Mais si vous n'aviez pas pensé à ça, ou si vous l'aviez prévu et fait l'inverse, dans ce cas vous m'auriez fait goûter un des chocolats les moins susceptibles de vous plaire, oui ? OUI ? Mais l'aurais prévu ? Suis-je un génie capable d'un tel tour ? Ou aurais-je risqué de voir mon piège se retourner contre moi, hum ? Non. Non.
La sueur commençait à perler sur le visage du médecin, chaude, cette fois. Sa gorge devenait sèche, et il toussait de temps en temps. Mais il ne pouvait plus s'arrêter. Il devait tout expliquer. Il laissa le silence passer en fixant d'un œil étrange Trisha. En réalité, il savourait juste le silence, ne plus penser... Puis, comme un boomerang qu'il aurait lancé, son discours lui revint à l'esprit, trop fort pour qu'il le contienne dans sa tête. Il devait le dire pour que les idées sortent.
- Non, vous voyez ? Je dois l'avouer, je ne suis pas assez génial pour prévoir les virements de l'âme humaine, ou d'une autre créature... Alors j'ai forcément empoisonné tous les gâteaux. Vous voyez ? Vous voyez, hein ? Dites-moi que vous voyez... VOUS VOYEZ ? Alors désignez un chocolat, je l'enfourne et hop ! Good night baby, on tire le rideau et la Terre comptera ce soir un salop de moins ! Ou alors je vis... Il ne se passe rien... Et ça voudra dire que je ne suis pas aussi fou que je l'imaginais...
La perspective sembla figer le médecin dans une pure réflexion interne. Oublié, l'idée initiale de sa venue ! Elle reviendrait si il parvenait à conserver sa santé mentale jusqu'au bout. Le bras tendu à craquer vers la jeune femme, les yeux braqués sur les doigts qui, bourreaux du moment, allaient désigner de quelle supplice il serait la victime. Son esprit, lui, tournait à vide sur une idée qui se répétait en écho infini dans le silence de sa tête.
¤ Pas fou ? Pas fou ? Pas fou ?... ¤
Last edited by Mathias Soren on Sun 9 Nov - 15:30; edited 1 time in total |
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Trisha Welsh Guest
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Posted: Wed 5 Nov - 18:10 Post subject: Au "Plaisir des Iles"- Boutique & Domicile de Trisha Welsh |
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'Tenez, Mlle Welsh, ces quelques douceurs... Je dois avouer ne pas m'être comporté de manière très poli, chez moi. Vous étiez la première personne à me tendre la main, et vous avez fait montre d'une confiance en ma nature dont je n'aurais moi-même pas été capable. Je sais que mon image à vos yeux ne doit pas être bien reluisante, mais j'aimerais vous parler. Modifier l'idée première que vous avez du vous faire de moi, parce que je ne pourrais pas vivre en supportant à chaque seconde le poids de ma culpabilité.'
Trisha sentit un sourire poindre sur ses lèvres, touchée par le geste du Docteur. Elle ne s'était pas du tout attendue à ce qu'il vienne s'excuser de son comportement, encore moins avec des chocolats et, soyons honnêtes, elle ne lui en aurait pas voulut s'il n'avait plus jamais donné de ses nouvelles: il y a des souvenirs qu'on préfère généralement reléguer au plus profond de sa mémoire, à défaut de pouvoir les effacer... Aussi, ce fut donc avec une surprise ravie qu'elle tendit la main pour saisir la boite de chocolats, quand Matthias la ramena brusquement à lui.
'Non !'
Au regard qu'il jeta à la boite, on était en droit de se demander s'il n'avait pas glisser des scorpions dedans. Bien sur, c'était sans compter la faible odeur de chocolat qu'elle percevait, mais la n'était pas la question. La question était: pourquoi ce brusque retrait? Et la réponse vint aussitôt, sous la forme d'une longue, longue diatribe qui parlait de poison, de logique et de folie, le tout si bien mélangé que la française n'était pas certaine de tout comprendre.
Le tout dura une bonne dizaine de minutes, ou quelque chose comme ça. Trisha tenta bien de parler à une ou deux reprises, mais soit Mathias ne s'en était pas apperçu, soit il avait choisit de l'ignorer. Quoiqu'il en soit, elle ne put placer un mot que lorsqu'il eut achevé son discour assez fou, la sueur au front et quelques traces de salive aux comissures des lèvres.
"Peut-être que vous êtes juste trop parano pour votre bien."
C'était dit sans méchanceté, rien de plus qu'une constatation vaguement inquiète, sur un ton prudent, comme pour s'assurer que le Docteur Soren l'entendait. Elle en avait vu des choses bizarre, Trisha, conséquences étranges d'actions non moins perturbantes... Pourtant, on pouvait dire que dans son genre, Mathias était pour elle une première.
"Et de toute façon, même si vous avez vraiment empoisonné ces chocolats, je le sentirais. J'ai du nez, ne vous en faites pas pour ça."
Elle hésita un instant tandis qu'un bise glaciale se levait, avant de reprendre:
"Voulez-vous entrer?" |
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Mathias Soren Guest
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Posted: Sun 9 Nov - 16:34 Post subject: Au "Plaisir des Iles"- Boutique & Domicile de Trisha Welsh |
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Mathias resta un moment encore figé, son discours l'ayant vidé et laissé groggy. La voix de Trisha lui parvint, lointaine et comme filtrée par du coton. Le timbre de la jeune fille suggérait qu'elle était plus inquiète effrayée par le comportement du praticien. Par un effort de concentration qui lui fit tourner la tête, l'homme réussit à entendre l'intégralité d'une phrase prononcée par la française et à la comprendre.
« Et de toute façon, même si vous avez vraiment empoisonné ces chocolats, je le sentirais. J'ai du nez, ne vous en faites pas pour ça. »
Les mots reprenaient leur sens comme des pièces qui s'encastraient finalement à leur place. C'était bien vrai, Trisha pouvait sentir, contrairement aux humains normaux, le poison... Non, ça n'avait rien de logique !
¤ Tu sais que c'est une hybride d'homme et d'espèce de prédateur... De loup-garou ! Il est logique de croire que cet héritage mixte a altéré sa sensibilité sensorielle. ¤
L'idée faisait son chemin dans l'esprit du docteur et, bien vite, la perspective qu'une telle augmentation des capacités normales puisse exister fit battre son cœur au grand galop. Laissant la bride à son imagination, il se prit à rêver des possibles capacités que recélaient la Quimboiseuse. Il se redressa et la fixa avec un regard qu'il n'aurait pas supposé aussi... Gourmand.
¤ Si ses sens sont aussi développés que ceux des loups, il doit en être de même pour sa force, sa vitesse ou ses réflexes... De plus, sa mâchoire doit bien cacher son jeu... Elle pourrait sans doute broyer un os sans problème, malgré son apparente fragilité. Et que dire de son instinct d'orientation ! Une merveille génétique à l'échelle humaine... ¤
Ce fantasme de puissance franchit les limites normalement imposées par sa perception du plausible pour se déformer jusqu'à l'hypothèse qu'un être tel que la jeune femme n'aurait rien à craindre d'un adversaire qui ignorerait sa seule vraie faiblesse... Elle pourrait combattre des créatures qui peuplent les cauchemars de l'imaginaire collectif, permettre de rendre réalisables des expériences dont les résultats offriraient assurément de nouvelles perspectives de recherches... Bien sûr, il fallait prendre garde à ce que personne d'autre ne l'apprenne. On aurait alors toutes les chances de voir débarquer une foule de profiteurs sans scrupules. Mais avec son aide, tout devenait réalisable. Frétillant d'excitation, Mathias, qui avait enchaîné deux états psychologiques éprouvants, subit le contre-coup des reliquats des deux émotions fortes mélangées. Dans un tourbillon d'euphorie, il remonta le fil de ses pensées pour retrouver la chose qui l'avait le plus terrorisée. A présent, Trisha était là, et pourrait sans nulle doute, si il parvenait à la convaincre, se débarrasser...
¤ Etre seul avec une femme, les serpents, le noir, me retrouver enfermé dans un cercueil, le Croquemitaine... Le Croquemitaine ! ¤ Un vent plus glacé qu'auparavant s'infiltra sous le manteau du médecin qui frissonna. La voix douce de Trisha se fit entendre à ses oreilles pour lui proposer d'entrer dans son magasin. De toutes ses choses, il n'en retint qu'une.
¤ Evidemment ! Elle pourrait très bien s'occuper d'attraper pour moi la créature ! Ensuite, je pourrais l'étudier à loisir ! L'anatomie d'un tel organisme serait une mine d'informations , même pour moi... ¤
- Je veux bien entrer, oui. C'est même un plaisir, au vue de ce froid qui vous glace les os ! Il ponctua ses dires d'un haussement de sourcils en direction de l'extérieur. Poliment, il entra et déposa la boite de chocolat, à la présence au bout de son bras de laquelle il s'était habitué, sur la première table qu'il aperçut. Ne souhaitant pas perdre une minute, et brûlant de savoir si elle accepterait sa proposition, Se tournant vers la jeune femme, il prit un air sérieux et prit le temps de peser le poids de ses mots avant de se lancer.
- D'abords, et avant tout, je vous prie de m'excuser pour ma conduite. Je me suis conduit en... A vrai dire, j'ignore même si il a déjà été pensé un mot pour décrire mon comportement dans une quelconque langue. Disons que j'ai été infiniment insultant avec vous et que ces misérables sucreries ne devraient servir en théorie qu'à me faire pardonner une lettre de mes vomissures verbales. Le fait est que je suis venu ici pour vous offrir ce que vous me demanderez en échange de votre pardon, si une telle chose est encore possible. Sinon, je ne vous dérangerais pas un instant de plus et vous quitterais sur le champs pour ne plus vous incommoder.
A cette pause, le docteur Soren s'apprêtait à entreprendre la partie la plus ardue de sa demande. Celle qui lui risquait le plus de lui être refusée. Avec appréhension, il se lança.
- Hum... et, à vrai dire, j'aurais une petite chose à vous demander... Vous ne savez que trop combien les connaissances que vous m'avez fournies sur... Toutes ses choses, m'ont perturbées... Aussi, et avec toutes ces créatures qui rôdent aux alentours de la ville, des rumeurs que je prends au sérieux présent, je crois fortement qu'il serait possible pour moi de recouvrir une certaine stabilité spirituelle tout en aidant l'intégralité des habitants de Galway. Avez-vous entendu parler des agissements du Croquemitaine ?
Farfouillant dans sa poche frontal, il en sortit triomphalement un exemplaire du dernier « Galway Night Post »
- Comme vous pouvez le voir, un journaliste a relevé les positions des différentes victimes de cet être cauchemardesque et il apparaît qu'il œuvre dans une zone bien définie... Ce que je vous propose, c'est de lui donner la chasse ! Trouvons-le, vous et moi, et capturons-le ! Avec vos capacités, cela devient possible. Ensuite, je l'étudierait dans mon cabinet. L'homme ne crains pas ce qu'il comprends, ce qu'il connait. Une fois ceci fait, nous le remettrons aux autorités. Un peu de risque, la gloire et la fierté d'avoir aidé de pauvres gens, qu'en dites-vous ?
L'excitation revenu suivait le chemin à présent familier des artères du docteur pour atteindre son cerveau et déclencher le grand feu d'artifice. Pourtant, dans ses derniers mots, on entendait sonner le glas sonore du doute perceptible même aux plus insensibles. Si Trisha refusait, alors Mathias se retomberait probablement dans un état d'enfermement mental et resterait cloîtré chez lui, à attendre que ses vieux démons disparaissent, sous sa couette. |
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