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:: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren ::
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Mathias Soren
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PostPosted: Mon 25 Feb - 20:12    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote



Situé sur une île, la demeure du docteur Soren ne passait pas inaperçu. Il l’avait d’ailleurs choisie pour ça. Une grande maison de pierre grise avec un haut toit mauve, doté d’une annexe accolée au mur est, la maison était dotée de pas moins de huit larges fenêtres sur son côté sud. C’était d’ailleurs là que se situait l’entrée principale, une belle porte jaune pâle à la poignée facile et qui s’ouvrait sans bruit. Juste à côté, une petite boite rouge en fer avec une ouverture rectangulaire et décorée d’une inscription « Réclamations » affichait les horaires d’ouverture du cabinet : 21h à 5h ouvert. Fermé le reste de la journée.

Avant de parvenir à cette porte, on devait traverser un jardin au milieu duquel serpentait une allée de graviers clairs. Des multitudes de variétés de plantes s’épanouissaient là, illuminant les alentours d’une fontaine de couleurs. Plusieurs haies de taille moyenne s’étaient vues taillées pour décorer les environs, et un Saule couvrait de son ombre protectrice toute une partie du bâtiment.

Le cabinet en lui-même était le bâtiment annexe. Mesurant 12 mètres sur 14, la pièce comptait deux bibliothèques remplies d’ouvrages traitant de la médecine et situées contre le mur est du cabinet. Venait un bureau décoré d’une lampe à pétrole, plusieurs feuilles volantes et des stylos. Le centre de la pièce, lui, était occupé par une table d’opération métallique froide dans laquelle se reflétait le plafond aux poutres boisées. Juste à côté, une petite table du même métal regroupait l’ensemble des instruments chirurgicaux du médecin.

Entre le bureau et la table s’était calée un fauteuil confortable en bois clair dont le dossier était recouvert d’un rembourrage magenta tiède. Ledit fauteuil recevait les patients encore capables de s’asseoir pour parler…

Le mur sud était troué de nombreuses et larges fenêtres qui éclaircissaient la pièce comme en plein jour. Lorsque le soleil se levait et se couchait, les murs de la pièce se teintaient d’orange puis de rouge, comme si il saignaient à l’aube puis au crépuscule…

Pour entrer dans le cabinet en venant des jardins, le plus rapide moyen était d’agiter la sonnette puis de franchir la porte en chêne, tous deux situés sur la façade sud, entre deux fenêtres. Une plaquette de cuivre rappelait au visiteur les horaires et le nom du propriétaire du cabinet via de belles lettres rondes et élancées
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Mathias Soren
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PostPosted: Mon 25 Feb - 21:47    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Le docteur Soren était arrivé sur les coup de 15 heure à la gare de Galway. Il avait d’abord cherché à se faire connaître auprès de la population locale. Puis il était parti visiter la maison dont il avait fait acquisition une semaine plus tôt. Ce fut au prix de quelques recherches immobilières qu’il avait trouvé l’offre chez un spécialiste. Grâce à un payement direct ajouté d’un supplément réservé au promoteur, Mathias s’était assuré que l’habitation lui serait réservée au moment où il atteindrait le village.

L’endroit n’était aussi spacieux qu’il l’aurait souhaité, et il y avait des fleurs, mais c’était tout de même un bon cadre pour travailler. Il n’y avait aucun voisin bruyant dans les environs, et les fleurs dépériraient en quelques jours si personne ne les arrosait. Pour achever de convaincre l’homme, la possibilité de voir le fleuve s’écouler tranquillement lui permettrait de se détendre. Il avait les clés, il pouvait donc sereinement entrer et mettre de l’ordre dans la maison.

Pour commencer, il remplit les étagères de son futur cabinet d’ouvrages de médecine, puis installa ses outils sur la table prévue à cette effet. Pour son plus grand bonheur, tous les travaux qu’il avait commandé avaient été réalisés à temps. Observant d’un œil critique la table d’opération, il la trouva légèrement trop haute. Mais pour le reste, c’était un travail de professionnels. On lui avait proposé d’installer l’électricité, mais il avait refusé. Mathias profiterait de chaque nuit pour recevoir des patients, donc peu de lumière serait nécessaire. Le jour, il dormirait, mangerait dans une auberge ou un restaurant ou étudierait.

Il entra ensuite dans la maison proprement dite. Un salon agréable, une belle chambre à coucher, plusieurs chambres d’amis, une cuisine beaucoup trop grande, une salle de bain dotée de pas moins de trois baignoires et une réserve. Mathias s’était contenté d’un rapide tour du propriétaire pour vérifier surtout l’état de la réserve. Il fallait qu’elle soit bien isolée, pas trop sèche et sans éclairage. Après qu’il ait apprit que certaines herbes utilisées par les druides celtiques pouvaient produire des effets supérieures à l’éther ou aux tranquillisants qu’on employait pour anesthésier les malades, le docteur Soren s’était mit en tête de produire de tels décoctions. Cela ne pouvait que le rendre plus populaire.

La première semaine, il avait décidé que ses consultations seraient gratuites. Ainsi on se rendrait compte de son talent et il pourrait sans crainte leur faire part de ses prix, plutôt élevés.
Ne pas faire savoir que ses premières consultations s’avèreraient gratuites rendraient l’offre plus attrayante.

Mathias déballa ses affaires, les rangea proprement puis jeta un regard à sa montre. Il était cinq heure de l’après-midi. Son examen lui avait prit plus de temps que prévu. Il lui en restait néanmoins encore un peu, qu’il choisit de consacrer à la lecture de Des herbes d’Asie du Nord-ouest et de leurs effets médicinaux
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Sybille Lilywhite
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PostPosted: Fri 29 Feb - 17:15    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

La nuit était déjà tombée depuis plusieurs heures quand une petite silhouette légèrement chancelante sonna à la porte du Dr. Soren. Il pouvait être 1 ou 2 h du matin, mais Sybille aurait été bien incapable de davantage de précision. Oh ce n'était pas réellement son état qui posait problème -enfin, si, mais pas seulement ; en réalité, cela faisait longtemps qu'elle avait perdu le compte des heures et des jours.

Ainsi, elle était sortie de son appartement miteux pour se mettre en quête de came... quand ? A peu près à la tombée de la nuit ? Ou était-ce la veille ? Enfin ce qui était sûr, c'est qu'elle n'avait eu aucun mal à dénicher ce qu'elle cherchait. Elle n'était pas depuis longtemps à Galway, mais finalement toutes les villes se ressemblent ; et surtout, une junkie sait toujours où trouver ce dont elle a besoin. Toujours.
Mais en ce qui la concernait, elle avait même trouvé davantage. Incroyable ce que les prix pouvaient être bas, en Irlande ! Et plus difficilement crédible encore, à quel point la dope y était bonne ! Enfin ça, ça semblait être propre à Galway ; de ce point de vue, le reste de l'Irlande était encore à l'âge de pierre. Etrange petite ville...

Quoi qu'il en soit, elle avait sans doute un peu abusé. Mais au tarif où ces gens vendaient le crack, qui l'aurait sérieusement blâmée d'avoir fait le plein ? Après quoi elle avait perdu le compte du temps passé à errer dans les ruelles, sa pipe à la main. Mais ce qui était sûr, c'est que pas une fois elle n'avait croisé un flic ; et pourtant elle n'avait pas été particulièrement prudente ! Oui, une ville étrange.

Etrange mais pas dénuée de charme, à sa manière ; un charme sordide, lugubre, triste de petite ville sertie dans le brouillard. Tout à fait le genre de charme que seuls les marginaux, les artistes et les camés sont capables d'apprécier. Chance ou pas ? Sybille était tout ça à la fois.
Et puis le rêve éveillé du crack, cette absolue empathie avec le monde... Elle avait enchaîné, pipe sur pipe ; la faim, la fatigue, le froid ne la touchaient plus. Son corps était un univers.
Jusqu'à...

Eh bien ça avait commencé quelques heures plus tôt, quand les effets du crack n'avaient plus été capables de la soutenir. La descente, elle connaissait ; mais ça n'avait jamais été aussi dur... Elle avait beau savoir pertinemment que ça arrivait au moins une fois à tous les junkies, que ses tremblements spasmodiques, sa respiration haletante, l'impression de froid intense qui l'envahissait n'avaient pour origine que le
craving... Elle avait paniqué, voilà tout.
Aussi, quand elle était tombée sur l'annonce du Dr. Soren et qu'elle avait compris qu'elle n'aurait pas besoin de passer la nuit dans cet état, l'espace d'un instant, l'existence de Dieu lui avait paru évidente.

Et à présent Sybille était sur son perron, donnant impatiemment un second coup de sonnette en se maudissant d'être incapable de contrôler son affolement. Elle tremblait comme une feuille, et ses ongles labouraient convulsivement les démangeaisons de ses avant-bras.


*Ouvre, je t'en prie, ouvre...*
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Mathias Soren
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PostPosted: Sat 1 Mar - 13:39    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

L’après-midi s’était calmement déroulée. Mathias avait finit de lire son livre, puis était parti manger une pomme peu gouteuse. Le trognon demeurait d’ailleurs toujours sur son bureau, à côté des notes qu’il avait prises durant sa lecture. Seule ombre au tableau : peu des plantes décrites présentaient un potentiel médical exploitable. La plupart ne produisaient plus d’effets si on les prenaient trop souvent ; or consommés à petites doses, elles n’agissaient que de façon minime. Néanmoins, le docteur Soren gardait un espoir : le livre conseillait de mélanger plusieurs plantes médicinales pour accroître leurs propriétés. Il y avait déjà pensé, mais jamais il n’avait eu la confirmation de la fonctionnalité de la préparation. A présent, il planifiait un essai. Quelque-chose comme de l’Eucalyptus, du Verbascum phlomoides , de l’alva sylvestrius et un peu d’origanum majorana. Le tout devait donné un soin pulmonaire des plus complets et efficace.

Il s’accorda une heure pour se reposer. Mathias n’était pas fatigué (il avait dormi dans le train) mais il devait prendre le temps de bien intégrer les informations qu’il ingurgitait. Assis sur le meilleur fauteuil de sa chambre qui, accessoirement, donnait sur la rive est du Corrib. Cette nuit- là, le fleuve paraissait figé, empli de mercure. Les lumières de la ville ne s’y reflétaient que pour l’espace d’une poignée de seconde. Le vent agitait gentillement les arbres du jardins dont on entendait les branches caresser les fenêtres de la façade sud de l’habitation. Puis un autre son déchira la nuit. Une cloche. LA cloche. Son premier client venait d’arriver. L’homme commença par se frotter les yeux, puis se leva doucement. Il jeta un regard vers le miroir jouxtant le lit de la chambre. Il se trouva un air un peu sévère, mais ses traits n’étaient pas tirés


¤ Tant mieux ! pensa-t’il, les gens aiment voir du sérieux chez leur médecin. Ca les rassurent quand à l’importance que l’on accorde à nos patients.¤

Il remit de l’ordre dans sa tenue, rajusta sa cravate (violette, cette fois-ci), épousseta son costume noir charbon puis descendit au rez-de-chaussée. Les marches vêtues d’un épais tapis aux motifs complexes venu d’Europe centrale ne produisirent pas un murmure tout le temps de sa descente. Avec un sourire de satisfaction, il se rendit à la porte principale où on le demandait. Une seconde fois, la cloche sonna

¤ Nous avons affaire à une personne pressée. Qu’est-ce que cela pourrait être ? Une bagarre de rue qui a mal tourné ? Un accouchement qui se déroule plus tôt que prévu ? Mieux vaut ne pas le faire attendre ! ¤

Il décrocha le loquet et ouvrit la porte d’un geste sûr. Puis il observa d’un œil critique sa première cliente. Il s’agissait d’une jeune femme à l’allure cadavérique. Mathias lui donnait la trentaine, mais son approximation pouvait être abusée par l’état de la jeune femme. Elle respirait mal, ses bras présentaient de multiples marques de coupure (apparemment dues à de l’auto-mutilation), ses vêtements étaient trempés de sueur et se trouvaient perpétuellement agités par les tremblements fréquents de leur propriétaire. Mais il n’y avait pas que ça. A son cou pendait une lame en pendentif. Elle avait l'air de bien couper. Si il lui prenait l'envie de l'agresser, il devrait agir en conséquence. Pourtant, elle était si pâle… D’une mortelle blancheur de linge. Aucun risque qu'elle ne l'attaque. Ou alors, elle se mettrait à vomir avant de l'avoir atteint. Sa décision était prise

- Je vous en prie, donnez-vous la peine d’entrer. La première porte sur votre droite vous donnera accès à mon cabinet. Vous y trouverez un fauteuil très convenable où vous asseoir.

Il avait prononcé ces mots avec froideur. La femme ne lui attirait aucune sympathie. souffrir avec elle ne changerait rien à son état. Trouver et comprendre pourquoi elle se trouvait ainsi, si. Il l’invita d’un geste de la main qui voulait tout dire, puis referma sa porte. Là, il constata les marques de griffure qui strillaient le bois, pourtant solide. Récentes, elles devaient représenter une forme d’expression chez la patiente… Poussant un soupir des plus muets, il se lava consciencieusement les mains, puis prit place à son bureau, se saisit d’un stylo noir à plume dorée et sélectionna une feuille vierge sur la pile présente sur son bureau

- Alors, je suppose que je dois vous remercier d’avoir arrangé ma porte ? il laissa planer le silence Bon, que puis-je faire pour vous, ma chère demoiselle ?
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Sybille Lilywhite
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PostPosted: Sat 1 Mar - 21:54    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Sa porte ? Sybille le regarda sans comprendre. Elle avait griffé ses bras sous l'effet des démangeaisons, et s'était un moment appuyée à la porte, c'était exact. Se pouvait-il qu'elle ait labouré sa porte sans s'en rendre compte ? En était-elle arrivé là ?
S'efforçant de son mieux de ravaler la boule d'angoisse qu'elle sentait dans sa gorge, elle battit des cils et refoula ses larmes. D'une voix qu'elle tâchait de rendre assurée, Sybille exposa son cas au médecin. Peine perdue ; sa voix tremblait.

"Je... j'ai des tremblements, saccadés comme si... enfin... ça fait penser à l'épilepsie, mais je n'ai jamais fait de crise d'épilepsie. Et ça me démange terriblement."

Elle présenta ses avant-bras au Dr. Soren. Des cicatrices révélatrices, plus ou moins anciennes, y étaient pour le moment recouvertes par les marques de griffure dues aux démangeaisons.

"Et... j'ai très froid."

Elle s'interrompit. Elle aurait voulu lui parler de l'angoisse qui l'étreignait, du noeud dans sa gorge, mais elle avait peur que ces symptômes, trop psychiques, ne rendent évidente la raison de son état.
La drogue n'avait rien d'un sujet facile à aborder avec un médecin. Seigneur, qu'il lui donne quelque chose et ça s'arrêterait là... Sybille se sentait piégée. Elle avait l'impression, de plus en plus nette, d'avoir fait une grosse erreur en venant ici.

Et la tête commençait à lui tourner...
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Mathias Soren
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PostPosted: Wed 5 Mar - 19:59    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Mathias se leva de son fauteuil pour aller observer les plaies présentes sur les avant-bras de sa patiente, ne tenant pas compte de la dernière plainte de la jeune femme.
Coupures anciennes, coupures récentes et griffures se chevauchaient là en un écœurant tableau dans les tons ocres. Ensuite il examina les ongles (sous lesquels il ne trouva aucun éclat de bois, seulement du sang séché), les yeux (d’un vert de plante grasse qui attends lascivement qu’on la nourrisse) et le dos de celle-ci, qui était moucheté de deux taches brunes le long de la colonne vertébrale. Puis il passa aux standards : examen de la gorge (il n’y trouva rien de notable), des narines (un peu irritées), des oreilles (là encore, rien de notable) et écoute de la respiration (les poumons ne présentaient aucun dysfonctionnement). Enfin, il retourna d’un pas lent vers son fauteuil, et sans un regard à sa patiente qui tremblait toujours, écrivit son diagnostic d’une écriture serrée et angulaire sur la page blanche qui se présentait à lui :


Patiente jeune (20-30 ans) présentant : crises de tremblements, démangeaisons aux avant-bras (présence de nombreuses cicatrices dues à une lame plutôt fine), sensation de froid, deux taches brunes longeant la colonne vertébrale et irritation légère des narines.

Le docteur Soren se relu. D’excitation, ses mains se mirent à trembler. Il se pouvait que son jour soit arrivé, finalement. Le Hasard mettait sur son chemin une consommatrice de cocaïne purifiée (ce qui expliquait les taches et l'état de stress dans lequel elle se trouvait, donc les démangeaisons et les griffures). Aussi il se rappela, nostalgique.

Alors qu’il travaillait encore dans l’hôpital de Dublin, Mathias s’était réveillé un matin après la soirée la plus arrosée qu’il ait connu, un tube en plastique dans la poche gauche de son pantalon et une feuille de papier couverte de son écriture dans la poche droite. La note disait qu’il avait trouvé un remède fabuleux qui agissait sur le cerveau et déclenchait un état de sérennité durant entre 12 et 15 heures après la prise d’un seul comprimé. Après une semaine de traitement, n’importe quel patient dépendant d’une substance à base de cocaïne se retrouverait définitivement sevré. La panacée, donc. Le problème, c’est que Mathias ne se souvenait absolument pas d’avoir écrit une telle chose, et encore moins d’avoir fabriqué ledit médicament.

Tout bon médecin aurait jeté dès l’instant le prétendu « médicament », mais le jeune homme préféra le faire analyser par le laboratoire du Stenven’s hospital. Son collègue l’appela le soir même pour lui dire que le mélange ne contenait rien de toxic, et qu’il lui enverrait le lendemain la composition exacte de la préparation. Apparemment, son collègue était prêt à passer sa nuit au laboratoire si cela lui permettait de percer le secret du médicament. Pourtant, le lendemain, on lui apprit que ce dernier était parti monter sa propre pharmacie en Angleterre. Mathias en déduisit que le produit dont il n’avait envoyé qu’un échantillon à son ancien collègue pouvait lui attirer gloire et ennuis. Le temps passa, et il oublia de poursuivre sa quête. Mais aujourd’hui, le spectre du produit rejaillissait devant ses yeux.

Pour la première fois depuis un dizaine de minutes, le docteur Soren leva les yeux vers sa patiente, dont il avait oublié jusqu’à l’existence en faisant tapoter le bout de son stylo contre son index gauche. Il allait jouer avec le feu, mais ce jeu en valait largement la chandelle.

S’éclaircissant la voix, il dit :

- Bien ! Ma chère demoiselle, trois choix s’offrent à vous. Premier choix : continuer à consommer votre petite poudre blanche. Je me dois de vous avouer que, si vous en faites ainsi, vous risquez de développer divers problèmes pulmonaires gênants. A terme, il se pourrait même que vous subissiez un arrêt cardiaque mortel.

Il avait prononcé ses mots d'un ton égal. Puis il reprit en levant son index et son pouce :

- Deuxième possibilité : aller vous faire soigner dans un centre spécialisé. Vous en baverez, vous aurez des moments durs, mais avec de la volonté, vous en sortirez (mais un faux pas, et vous replongerez, cela va de soi).

Un sourire de chat naquit sur le visage froid du docteur. Le plus drôle arrivait... Il ajouta son majeur à la liste des doigts levés

- Troisième possibilité : jouer la cobaye. Ce que je vous propose, c'est de consommer un produit qui devrait vraisemblablement vous ôter votre addiction sans le passage à la case "pénible". Pour faire simple, votre circuit de la récompense, qui gère la motivation spirituel chez l'Homme, est un peu essoufflé. Avec mes pastilles magiques, vous devriez entrer dans une zen attitude pour une semaine, le temps qu'il lui faut pour se reposer. A la fin de la semaine, vous serez redevenue une jeune fille fraîche et énergique. Toutefois, je ne vous garantis pas qu'il n'y aura pas d'effets secondaires (désagréables ?), que le produit aura l'effet escompté ou qu'il vous protège d'un "replongeon" si vous recommencez à consommer de la drogue. Simplement, je puis vous garantir que le médicament dont je vous parle ne contient rien de mortel. Faites votre choix, je vous laisse réfléchir et je vais aux petits coins.

Il se leva, puis se dirigea vers le premier étage où l'attendait la pièce de la délivrence. Cela risquait de prendre du temps. Pour chacun.
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Sybille Lilywhite
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PostPosted: Sun 23 Mar - 17:31    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Le choc fut rude. Dès que Sybille avait franchi la porte du cabinet, elle avait soupçonné cet homme froid et distant d'être capable de distinguer les symptômes de sa récente prise de crack. Malheureusement pour elle, cela allait bien plus loin...
La jeune fille réfléchissait aussi vite que son cerveau attaqué par l'angoisse le pouvait. Elle ne pouvait pas se permettre de repartir tranquillement -au revoir doc', et merci pour tout- en laissant ce type en possession de son signalement et en pleine connaissance de cause de sa consommation. Le secret médical, elle le savait bien, n'était souvent qu'un bien joli paravent pour les toxicos assez niais pour s'y fier. Ce n'était pas son cas. Et elle ne voulait pas qu'on la retrouve.

Alors... fuir ? Changer de ville, encore ? Celle-ci lui plaisait. Elle en appelait d'étrange manière à sa propre nuit. Non, elle ne voulait pas fuir.
Il ne restait plus qu'une solution : l'impliquer aussi profondément qu'elle l'était elle-même, afin qu'il soit obligé de tenir sa langue. Et s'il fallait pour ça qu'elle mette en danger ce qu'il lui restait de santé... elle n'en était pas à ça près. Plus à ça près.

Elle redressa la tête, reprit autant que faire se pouvait le contrôle de ses nerfs, et attendit le retour du médecin, un sourire qui se voulait assuré aux lèvres.


"C'est oui."
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Mathias Soren
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PostPosted: Mon 24 Mar - 20:31    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Le médecin prit le temps de s’asseoir confortablement avant d’accepter résolument ce qu’il venait d’entendre comme la réalité, et non une quelconque hallucination. Sa jeune, chère et droguée patiente venait de lui donner son consentement, de lui rouvrir les portes de la Connaissance. Toute la joie qui se diffusa dans son corps se matérialisa par un miroitement étoilé sur la surface de ses yeux ambrés

¤ Bien bien bien. Mon petit Mathias, cette pauvre folle vient de signer avec le Diable, une nouvelle fois. Bon, elle serait quand même capable de tout faire rater en ne respectant pas le mode d’utilisation de mes « pilules miracle ». Autant lui faciliter la mémorisation. ¤

Les circonstances obligeant, l’homme au cheveux de jais quitta à regret son fauteuil pour aller farfouiller dans la réserve, pièce voisine au cabinet. Il trouva en quelques secondes la crème qu’il voulait, la laissa glisser dans la poche de sa veste, puis attrapa une boite de comprimés. Enfin, dans le voyage court qui le ramenait à son lieu de diagnostic, il se saisit d’une couverture épaisse marron-vert qui trainait par-là.

¤ Heureusement que ce n’est pas la couleur qui réchauffe. ¤se dit-il en regardant avec dégoût le tissu qu’il ne tenait qu’à bout de doigt

- Avant de poursuivre, je vous demanderais de bien vous mettre à l’aise sans pour autant vous endormir. Le fait d’accepter ma troisième proposition implique que vous suiviez à la lettre les indications que je vais vous donner. Pas la peine de vous dire quel risque vous encourrez, je suppose ?avait-il lancé en réintégrant la pièce.

- Par-contre,poursuivit le médecin, je ne me souviens pas vous avoir précisé ce que moi, je risquais. Je vous annonce donc qu’à partir d’aujourd’hui, le simple fait de décrire à toute personne dont la profession touche de près ou de loin le domaine médicale la proposition que je vous fis aura pour effet immédiat la suppression de mon droit d’exercer. Or, c’est ledit droit qui m’autorise à vous donner le remède que vous convoitez (ou convoiterez bientôt). évidemment, je suis le seul à en posséder et moi-même en ignore la composition. Donc si je tombe, vous tombez avec moi. Ceci étant dit, passons aux explications.

Il recouvrit alors les épaules de la jeune fille de sa couverture, avant de déposer un peu de crème sur ses doigts. Ensuite, il étala doucement la crème sur les avant-bras écorchés de sa patiente.

- Je vais vous donner 14 comprimés. Un à prendre quand vous vous lèverez, l’autre quand vous vous coucherez. Après un rapide calcul, vous en arriverez sûrement au constat que cela couvre une période de sept jours, une semaine donc. D’après mes estimations, vous devrez être retapée d’ici là. En gros, veillez à ne jamais vous retrouver avec plus de 12 heures d’intervalle entre votre dernière prise de comprimé et la suivante. Ne me demandez pas pourquoi, ça ne vous plairait pas.

Il se ménagea une pause, puis prit un cachet blanc de la boite qu’il avait ramenée avec lui et le fit jouer avec la lumière de la lampe. Mathias se rappela alors qu’il devrait y remettre de lui ou il se retrouverait dans le noir un de ces soirs, sans s’y attendre.

- Pour terminer, car je suppose que ce que je raconte vous ennuit profondément, je vais vous donner un peu de sulphate de morphine en cachet (à avaler avec de l’eau, mais j’ai la flemme d’aller vous en chercher alors débrouillez-vous avec votre salive) pour que vous teniez jusqu’à demain matin, date de votre première prise de médicament. Au cas où un problème surviendrait, venez me voir, je m’efforcerais de trouver une solution… Ensuite, vous pourrez vous en aller. Je vous laisse la couverture et la crème, pour vos démangeaisons. Mettez-en dès que ça vous grattera.

Le docteur Soren déposa le comprimé de MOSCONTIN couplé du tube de crème devant la jeune fille, puis s’asseilla lascivement en poussant un soupir de contentement. Normalement, il n’aurait pas à se lever à nouveau, à moins qu’un autre patient ne vienne. Il compta les 14 comprimés verts dans sa paume, puis les plaça dans un sachet en plastique qu’il jeta en direction de la consommatrice de cocaïne avant de reboucher son stylo et de faire mine de reprendre sa lecture. Au dernier moment, il se ravisa, et lança en guise de conclusion :

- ‘pouvez vous en aller.
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Sybille Lilywhite
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PostPosted: Mon 24 Mar - 22:51    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Sybille sentait monter en elle un sentiment qu'elle n'avait pas éprouvé depuis un certain temps pour un être humain : de l'intérêt. Ses traits crispés par l'angoisse s'étirèrent en un sourire discret, mais sincère.

Cet homme était particulièrement ambigu. D'une part, ses gestes étaient précis, efficaces, mais non dénués d'une certaine sensualité... mais d'autre part, il était d'un mépris verbal qui frôlait l'insulte gratuite. Tout se passait exactement comme si son corps parlait un langage et son surmoi -ou quel que soit le nom que les jivaros donnaient à ce genre de connerie- un autre, dominant. Un éclair de malice passa dans le regard vert, tandis qu'il l'enveloppait dans la couverture hideuse comme il l'aurait fait d'un chat crevé dans un sac à gravats.


*Je me demande ce que donnerait ce toubib sous acide...*

Elle se fichait de son mépris. Une junkie, même une junkie de 20 ans, a déjà depuis longtemps dépassé le stade où on redoute le regard d'autrui. Elle avait été s'approvisionner dans les coins les plus sordides de Londres, avait mendié une taff de joint à un clochard qui puait l'urine, un soir de grande détresse, avait subi son haleine et les rires avinés de ses comparses quand l'homme lui avait mendié un baiser en échange, lui avait rendu son baiser avec enthousiasme quand il lui avait finalement donné le reste du spliff en lui tapant dans le dos. "Elle est des nôtres !"
Oui, sans le moindre doute, elle était des leurs.

Alors le rictus blasé d'un médecin imbu de lui-même...

Visiblement, il avait fini son petit laïus et attendait d'elle qu'elle file en silence. Sybille le regarda un instant. Il était réellement beau, avec son regard ambré et ses épaules carrées. Une beauté classique, quelque chose de l'idéal du gentleman farmer de l'ancien temps, type Apollon ne sachant pas trop ce qu'il fout là et qui tente de camoufler son sex-appeal sous les oripeaux du mâle civilisé, distingué... coincé. Tellement peur de se laisser aller à l'extase qu'il la jugule en se jetant à cœur perdu dans les plaisirs intellectuels, lesquels finissent au bout du compte par être les seuls qui en vaillent la peine.
Elle n'était pas la seule, ici, à avoir tout le charme du stéréotype.

Elle ôta la couverture de ses épaules, la plia soigneusement et se leva, empochant les médicaments. Elle tremblait moins et avait retrouvé le port altier qui était la marque de son éducation.


"Eh bien merci, "docteur"."

L'accent ironique sur le dernier mot était à la fois assez subtil et assez explicite pour qu'il le perçoive et relève la tête.

"Je suppose que la suite logique du programme serait que je vous reproche votre impolitesse ? Ou mieux encore, que je sorte d'ici pleine d'admiration, le ventre noué de désir, l'oeil en berne en pensant que le beau médecin ne regardera jamais deux fois la petite junkie ?"

Elle le regardait avec un réel amusement, sans la moindre trace de colère ou d'impatience.


"Rassurez-vous, je n'ai pas le sens du mélodrame. Et, comme vous, je tiens davantage à ma tranquillité d'esprit qu'à un échange de sucs et à un plaisir douteux. Je reviendrai vous voir s'il y a un effet quelconque. Bonsoir, docteur."


Et elle referma la porte derrière elle, doucement.
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Mathias Soren
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PostPosted: Sun 4 May - 13:10    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

De retour chez lui, le docteur Soren ne manqua pas de constater à quel point les décorations florales prenaient du temps à faner. Le pire, c’est qu’elles pourraient même continuer à pousser à cause de la pluie irlandaise. Sacré plaie que les jardins floraux… Malgré sa patience, Mathias sentait que la chose finirait par lui porter sur les nerfs. Silencieux, il traversa le jardin jusqu’à l’entrée principale. Ne prenant pas la peine de vérifier que Trisha se trouvait toujours derrière lui, il vérifia l’absence de courrier dans sa boite.

¤ Une soirée entière de lecture ! Le rêve. ¤

Ce n’était pas de l’ironie. L’homme préférait cent fois passer une soirée tranquille plutôt que de soucier des ennuis de santé des grands-mères du patelin. Sauf qu’entre ce soir et l’instant présent il se trouvait bien douze bonnes heures à occuper avec la folle. En tournant la clef dans la serrure, Mathias se demanda comment il allait organiser le débat.

¤ Je lui explique de long en large pourquoi la magie n’existe pas ou j’attends qu’elle ait terminé sa démonstration pour lui expliquer ou je lui fait directement une piqûre puis je la drogue au sérum de vérité ? Merde ! C’est vrai que j’ai plus de thiopental sodique ! Ma dernière ampoule est passée dans les deux verres de vodka des clients du pub… Bon, alors quoi ? Je la fait boire ? ¤

Machinalement, le docteur invita la jeune française à entrer. Son timbre était peut-être un peu frais, mais rien de bien menaçant. Dans son crâne, des idées plus glauques les unes que les autres s’enchaînaient, dues au manque de sommeil que le médecin ne prenait jamais au sérieux. Il se dirigea vers le salon, une large pièce décorée par deux tableaux et une vaste cheminée. L’un des tableaux représentait une falaise submergée par une vague d’écume illuminée par le soleil couchant. L’autre pouvait passer plus facilement pour l’œuvre d’un fou : sur fond rouge, une vague forme humaine se discernait. En y regardant de plus près, on découvrait qu’il s’agissait du visage d’un homme et d’une femme hurlants qui cohabitaient sur la même face… Mathias, qui lisait fréquemment dans le salon, n’accordait jamais un regard aux deux peintures. De même que la cheminée n’avait jamais servi.

Laissant seule Trisha dans la pièce, le docteur Soren marcha vers la cuisine en sifflotant. Il se saisit d’un couteau bien aiguisé et d’une boite d’allumette. Pour la feuille de papier, il dut se rendre dans son bureau, à l’étage. En redescendant, son cerveau décida arbitrairement du plan à adopter.


¤ Ecoute mon pote, t’as pas intérêt à faire des conneries, d’accord ? T’es là pour poursuivre tes études sur l’anatomie humaine, alors fais tes recherches sur les pathologies qui se trouveraient dans le village et qui sonneraient un peu… Exotiques. Et pas d’écorchement, d’accords ?
- Toi, tu m’écoutes. C’est pas mon cerveau qui va faire la loi, tu piges ? C’est encore moi qui contrôle mon corps, alors fais pas chier !
- Hum… Mec, tu dois sacrément manquer de sommeil, parce que là, tu es en train de te parler à toi-même … Ca s’appellerait pas de la schizophrénie, par hasard ?
- Oh merde !
¤

Un peu secoué, le médecin retourna dans le salon retrouver Trisha. Il déposa couteau, allumettes et feuille sur la table basse qui trônait entre le cnapé rouge écarlate et les deux fauteuils rembourrés de la même couleur. Pour la première fois, il remarqua la prédominance du rouge dans la décoration. Le détail ne le choqua pas outre mesure. Fatigué, il se laissa tomber dans le premier fauteuil qui passait, puis regarda la jeune femme. A cause du manque de sommeil, elle lui semblait incroyablement attirante… L’envie de l’attraper, de la jeter sur le canapé et de l’embrasser le prit, mais il se retint, non sans enfoncer ses ongles dans les bras de la chaise. Heureusement, ils étaient rembourrés. Pour donner le change, il dit :

- Alors, qu’attendez-vous pour vous desha… vous lancer dans votre démonstration. De Quimbois. Rajouta-t’il rapidement à la fin, quand il se rendit compte qu’on pouvait encore voir des connotations sexuelles dans ses dires.

¤ Saleté de langue qui fourche au mauvais moment. ¤

Au 129, university road, un docteur commençait à ressentir l'effet désenhibisant du sommeil et une jeune femme s'apprétait à faire une démonstration de Quimbois avec un couteau dont la lame était uniquement faite... D'argent

[Désolé ma petite Trisha, mais embrumé comme il était, c'était impossible que mon toubib puisse penser à l'histoire du couteau... ]
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Trisha Welsh
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PostPosted: Sun 4 May - 18:49    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

[Rrhalala, elle va détester ça!]

Il y avait des fleurs de couleurs vives dans le jardin du Docteur. Elles coloraient égréablement le paysage, réchauffant faiblement l'atmosphère, et Trisha leur accorda un sourire. Dans son ancienne vie, quand elle avait encore une famille, elle aimait bien jardiner avec sa mère. Avec Lucine aussi, mais ce n'étaient pas exactement les mêmes plantations!

Elle pénétra sans se faire prier dans l'appartement lorsqu'on l'y invita, et ôta sa cape pour la poser sur son bras. Elle fut vaguement déçu que Mathias ne pense pas à la lui prendre, mais mis celà sur le compte de l'impatience. Ce détail acheva d'ailleurs de la convaincre que Mathias était sincère lorsqu'il disait s'intéresser au Vaudou, et lui donna de l'assurance.
tandis que son hôte fouillait dans la maison à la recherche des accessoires nécéssaires à son petit tour, elle promena un regard intéressé sur la pièce. La dominante rouge apportait une certaine chaleur, qui compensait le froid manifeste de la Cheminée. Aucune cendre, aucune miette de bois, aucun morceau de lichen: elle n'avait probablement jamais servi.
Enfin, Mathias réapparut, lui tendant tout ce dont elle avait besoin.

'Alors, qu’attendez-vous pour vous desha… vous lancer dans votre démonstration. De Quimbois.'


Trisha haussa un sourcil au moment du lapsus, mais le repoussa avec nonchalance dans un coin de son esprit. Si elle devait s'occuper de ça, ce serait plus tard. Pour le moment, elle avait besoin de se concentrer.


"D'abord il faut que je me calme."


Elle s'assit sur le canapé et, sans se soucier de la réaction du maître des lieux, ôta ses balerines et glissa ses pieds sous ses fesses.

Fermant les yeux, la Guadeloupéenne inspira profondément et commença à se préparer. Mentalement, elle enflamma un bâton de canelle et récita une sorte d'incantation, un mantra, qui la plongea dans l'état de transe habituel.

Dès lors, Trisha n'exista plus. Il n'y avait plus sur ce divan couleur du sang que la Grande Béké, la Quimboiseuse.
Lentement, posément, elle s'entailla la main avec le couteau d'argent, et ce fut à peine si Trisha ressentit la brûlure du métal dans sa chair. Le retour n'en serait que plus violent.
Avec le sang déposé sur la lame, elle traca deux cercles concentriques impeccables, et remplit le plus petit d'une étoile à cinq branches. Puis elle remplit l'espace séparant les deux cercles avec des runes, assemblages de bâtons incompréhensibles au profane. Pourtant, il y avait un ordre, un sens précis pour chacune d'elle, et elle le comprenait parfaitement.
Cela fait, la française gratta une allumette et approcha la feuille de la flamme. Le papier s'enflamma, mais le feu ne toucha pas au pentacle, dont la surface demeura intacte.

Sa démonstration étant achevée, Trisha reprit lentement pied dans son propre corps (du moins était-ce la façon dont elle l'expliquait) et la brûlure de l'argent la foudroya.


"AAaïeuh! J'avais dit sans argent, la lame!"


Elle était bien moins sensible à ce métal que sa mère, elle le savait. Pourtant, l'onde de douleur qui partait de sa main remontait sans effort jusqu'à son épaule telle un fil de fer chauffé au rouge posé sur le squelette, déformant son visage d'une grimace de douleur.
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Mathias Soren
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PostPosted: Wed 7 May - 19:30    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Dans un premier temps, Mathias ne remarqua rien. Trisha semblait juste se couper volontairement pour gribouiller sur une feuille de papier. Pas d’explosions, pas de bruits de tonnerre. Juste une flamme qui brulait gentillement le papier. Sauf que là où un pentacle avait été dessiné, la feuille fut épargnée par le feu. Chose que le docteur ne remarqua que bien après.

¤ Il y a un truc. Elle a du mouiller le papier près de la zone de dessin, ou bien elle a étalé un produit inflammable. Ca ne prouve strictement rien. Pour moi, du moins. Parce qu’elle, elle est dans son trip. A présent, elle doit penser que le rituel lui a prit un peu de sa force vitale, qu’elle ne peut plus se guérir « par magie ». Hola, attends une minute… ¤

Un détail clochait. La jeune femme paraissait réellement souffrir. Or une coupure ne provoquait pas souvent ce genre de réaction.

¤ Par-contre, ce genre d’extra-sensibilité à la douleur peut vouloir être le signe évident d’… Qu'est-ce que c’est que ? ¤

Là où la lame avait rencontré la chair de la guadeloupéenne, on voyait la veine, beaucoup trop seyante. Ca ne collait pas avec le diagnostic auquel il pensait. D’ailleurs, rien ne coïncidait avec le symptôme présent. Ca ne pouvait même pas être une infection présente sur la lame, ou alors il s’agirait d’un poison… Mais selon Trisha, le phénomène était originaire du matériau dans lequel le couteau avait été fabriqué. L’argent. L’allergie à l’argent ? Il se pouvait que le détail n’est aucun rapport. Ce ne serait qu’une croyance absurde de plus. Il ferait mieux de reconsidérer l’idée d’une infection par la lame. Une infection cutanée semblait le plus probable…

Heureusement qu’il était fatigué… Il se laissa tomber sur le sol et plaqua sa bouche sur la blessure de la jeune femme. Par chance, il n’avait aucune coupure intra-buccale pour le moment. Aucune ouverture dans laquelle le poison pouvait s’introduire… Il suça donc plusieurs gorgées de sang qu’il recracha prestement dans la cheminée. Jugeant qu’elle ne devait plus avoir de poison dans l’organisme, Mathias partit trouver du désinfectant, un rouleau de bandages et une paire de ciseaux. Puis il aida Trisha à s’asseoir sur le canapé et commença à entourer sa blessure de trois tours de bandage après avoir désinfecté celle-ci.

Son travail terminé, il se laissa aller sur le canapé en soupirant.


- Navré de vous avoir empoisonnée, il s’agissait d’un accident. J’ignorais que la lame serait enduite de poison. Ne vous en faites surtout pas, vos jours ne sont plus en danger. Quand j’en aurais le temps, j’analyserais le produit présent sur la lame. Jusque-là, vous pourrez vous consoler en vous disant que ça vous fait une histoire de plus à raconter à vos futurs petits-enfants…

L’homme ne se serait pas privé de faire plus d’humour si la pensée soudaine que certains poisons agissaient de manière infectieuse et pouvait attaquer le corps. Autrement dit, il pouvait potentiellement commencer à s’écrouler et à hurler de douleur n’importe quand. Son teint d’origine pâle prit la couleur de la cendre. Des cendres funèbres… Une trainée de sueur froide serpenta dans son dos et il se mit à trembler. Il passait pour un poltron devant son invité, mais devant la perspective d’une mort potentiel, le ridicule ne pesait jamais bien lourd.

Au bout d’une minute ou deux, laps de temps pendant lequel le poison aurait du commencer à faire effet, Mathias considéra comme envisageable de dire que sa théorie tombait à l’eau. Il regarda Trisha différemment. Pour la seconde fois dans la journée, une monté de paranoïa l’amena à planifier la mort de la femme blonde.


¤ Qui dit faiblesses pas naturelles dit aussi points forts pas naturels ma jolie… Quelle genre de transformation ton corps a-t’il subit ? ¤

Cette fois, malgré le manque de sommeil qui se faisait de plus en plus lourd, l’homme au yeux de faucon réfréna ses pulsions. Le désir de comprendre surpassait celui de maîtriser la situation. Son long silence risquait de gêner la jeune femme, qui ne devait plus savoir que penser. Alors, et c’était une première, Mathias décida de jouer la plus forte carte du jeu humain : la franchise.

- Très bien Trisha. Je ne vous ai pas cru au début, mais là les évènements dépassent mes connaissances de simple médecin. Alors nous allons faire quelque-chose : vous me racontez pourquoi l’argent vous fait cet effet là, et moi je vous croirai. Mieux, vous considérez votre particularité comme un handicap, je mettrai ma science à votre service.

Il désigna d’un air sombre la porte d’entrée, visible pour un quart du canapé

- Ou alors, vous décidez que je ne vaux pas plus que de la merde et vous quittez ma baraque de psychopathe en hurlant que vous ne remettrez plus jamais les pieds ici.


Last edited by Mathias Soren on Mon 12 May - 17:49; edited 1 time in total
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Trisha Welsh
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PostPosted: Thu 8 May - 10:42    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Trisha fut assez surprise lorsque Mathias commença à aspirer le sang de sa plaie pour le recracher dans la cheminée. Apparement, il pensait qu'il y avait du poison sur la lame, ou en tout cas un truc pas net: la française ne voyait pas d'autre raison pour laquelle il aurait pu faire ça. Seulement voilà, elle, elle savait bien que c'était inutile. La brûlure la poursuivrait encore deux ou trois jours avant de s'estomper et de commencer, lentement, à se réparer. vu la taille de l'entaille, elle en avait au moins pour deux mois et demie de pansements, plus si elle n'avait pas de chance.

'Navré de vous avoir empoisonnée, il s’agissait d’un accident. J’ignorais que la lame serait enduite de poison. Ne vous en faites surtout pas, vos jours ne sont plus en danger. Quand j’en aurais le temps, j’analyserais le produit présent sur la lame. Jusque-là, vous pourrez vous consoler en vous disant que ça vous fait une histoire de plus à raconter à vos futurs petits-enfants…'


Tout en se laissant bender la main, Trisha se fit la réflexion qu'il en tomberait sûrement à la renverse lorsqu'il découvrirait que le seul poison présent sur la lame, c'était la lame elle-même. Elle n'était pas certaine de vouloir être là quand ce serait le cas...
Toutefois, le teint soudain plus que maladif du médecin la fit froncer les sourcils. Qu'avait-il? Et s'il y avait réellement eu du poison sur la lame, et qu'il en subissait les effets? Ah non, non, non! C'était mauvais, ça!

Le silence s'installa une minute ou deux, sans que Trisha ne sache quoi faire, puis Mathias sembla à la fois soulagé et perplexe. Pas de poison alors? Apparement non. C'était un point positif!

'Très bien Trisha. Je ne vous ai pas cru au début, mais là les évènements dépassent mes connaissances de simple médecin. Alors nous allons faire quelque-chose : vous me racontez pourquoi l’argent vous fait cet effet là, et moi je vous croirai. Mieux, vous considérez votre particularité comme un handicap, je mettrai ma science à votre service.' [...] 'Ou alors, vous décidez que je ne vaux pas plus que de la merde et vous quittez ma baraque de psychopathe en hurlant que vous ne remettrez plus jamais les pieds ici.'


La française lança un regard à la porte. Partir? Protéger son secret, protéger la mémoire de sa mère contre la peur à posteriori? Se protéger elle, surtout, d'on ne savait quelle réaction, de la curiosité des scientifiques dont on lui avait dit tant d'horreur?
Ou rester, et poursuivre sur la voie qu'elle avait choisit: la vérité. Tout dire et prendre le risque de vivre un film d'horreur toute éveillée en se retrouvant dans un laboratoire à la place du cobaye.

Elle se débattit un long instant avec ces deux options, sans oser choisir. Puis, lentement, sans oser regarder son hôte dans les yeux, elle inspuira profondément avant de se lancer dans son récit.


"Je crains fort que vous ne puissiez pas grand chose pour moi." Elle s'accorda un rictus vaguement désabusé, avant de reprendre: "Je suppose que vous allez avoir du mal à me croire, mais ma mère était un Loup Garou. C'est d'elle que je tiens ma sensibilité à l'argent."


La française leva sa main droite, blanche de bandages, et la tendit devant ses yeux.

"Mon père était un humain normal, donc l'argent ne peu pas me tuer. Pas par simple contact, en tout cas -une balle en argent en plein coeur tuerai n'importe qui. Mais les plaies provoquées par ce métal cicatrisent très lentement. En deux, voire trois mois, selon la taille. en contrepartie, ma cicatrisation pour les blessures ordinaires est plus rapide que la normale, même si je suis loin d'atteindre la vitesse de réparation de ma mère."


C'était une sensation étrange que d'être là, assise dans le salon d'un inconnu, à lui raconter les avantages et inconvénients de son ascendance. Même avec Maillotte, elle n'en avait que rarement discuté... Mais peut-être était-ce du au fait qu'elle savait déjà tout ça.
Trisha baissa la main, et la reposa sur son genoux. Elle lança un regard furtif à Mathias, toujours agenouillé près d'elle, puis reporta vivement son intention vers la cheminée, ou elle tentait d'imaginer une belle grosse flambée.

Folle pour folle, autant aller au bout, pas vrai?


"Et au cas ou vous vous poseriez la question, ce n'est pas ma mère qui m'a appris le Vaudou. C'était notre voisine, une Vampire. Sa fille aussi est une hybride, pas tout à fait humaine, pas tout à fait enfant de la nuit. Elle est à cheval, comme moi."


Pour la première fois depuis le début de son monologue, Trisha trouva le courage de regarder Mathias dans les yeux. Il était peu probable qu'il la croie, malgré son affirmation précédente, mais elle ne pouvait plus faire marche arrière, maintenant.

"Maintenant la question est: que comptez-vous faire?"


Si elle devait être enfermée comme une folle, elle aimait autant être au courant dès le début! Son inquiétude présente était si forte, qu'elle en oubliait presque la douleur lancinante dans son bras droit.
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Mathias Soren
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PostPosted: Mon 12 May - 18:36    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Agenouillé sur le sol, le docteur Soren écoutait les paroles de Trisha. Ou plutôt, ses délires. Tandis qu’il l’écoutait lui parler de sa généalogie de monstres de foire, Mathias se rendit compte de son erreur. Il ne s’agissait que d’un pathétique spectacle pour gogo. Dire qu’il avait failli y croire. Pour un patelin comme Galway, il semblait quasiment nécessaire d’avoir sa petite attraction, sa petite étrangeté locale qui attirait le touriste plus que les habitants si chaleureux du village ou le climat. Donc la jeune femme lui avait fait croire qu’elle ne connaissait pas les lieux, et qu’elle pouvait faire de la Magie. D’un instant à l’autre, un journaliste allait faire une entrée fracassante en prenait une photo sur le vif de Mathias qui aurait alors découvert la supercherie.

¤ Ca va un peu vite, ton jugement, là, mec. Il n’y a pas deux minutes, t’étais prêt à accepter n’importe quelle histoire comme vraie. Et je me permets de te rappeler que la veine touchée s’était contractée…
- Ridicule ! Le manque de sommeil m’a rendu crédule, et elle s’est fait un garrot discrètement pendant qu’elle se coupait. Il est impossible que toutes les choses qu’elle raconte soient vraies. Ou bien il faudrait procéder à quelques vérifications… Des vérifications qui rapportent généralement de gros bobos au cobaye et un bon paquet de fric au responsable de projet. Mais pour cela, il faut que Trisha ait confiance en moi.
¤

- Ce que vous me dites est incroyable, et je me refuserais bien à y croire, seulement…. Les faits sont là. Je ne vois aucune explication plausible. Et comme disait Sir Arthur Conan Doyle à travers le personnage de Sherlock Holmes « Quand vous avez essayé tout ce qui était possible, c’est qu’il ne vous reste que l’impossible ».Vous avec bien dit qu’à part pour l’argent, vos blessures se régénèrent deux à trois fois plus vite ? Donc on peut comparer cela à une allergie à l’argent.

Il n’avait besoin que d’un moment. Un court moment, et il pourrait envoyer la française au pays des rêves. Restait à justifier la piqûre… Ou bien à créer une diversion.
Le fait qu’il réfléchisse longuement aurait pu le trahir, mais dans la présente situation, il paraissait seulement tenter de comprendre comment fonctionnait la prétendue « lycanthropie » de Trisha. Qui plus est, Mathias avait une idée. Un peu aventureuse, certe, mais c’est le risque qui fait que l’on se sent vivre. Il prit le temps d’adopter le ton du scientifique prudent qui soumet une hypothèse avant de parler en regardant la blessure d’un air concentré.


- Si allergie il y a, je pourrais tenter quelque-chose.

Un silence lourd. Mathias savait pertinemment que la guadeloupéenne n’allait pas aimer la suite, mais il le fallait. Au nom de la Science. Il prononça le ot d’une voix gênée.

- Désensibilisation. Je pourrais tenter de vous désensibiliser. Je me base sur des principes de la médecine « habituelle » pour imaginer ce traitement, mais il pourrait marcher. S’il marche, je m’avancerai à dire que la lycanthropie est une maladie génétique.

Mais j’en oublie de vous demandez votre avis. Vous êtes en droit de refuser, de me laisse plus de temps pour trouver un traitement un peu moins bancal. Je ne vous oblige en rien à participer à une quelconque expérimentation digne des pires histoires d’horreur.


Souhaitant très fort que la jeune femme accepte, Mathias se mit à chercher un plan B au cas où.

¤ Tout de même, quel cas ! J’ose à peine croire que personne ne s’en soit rendu compte. C’est peut-être la folle du village. Ou bien on retourne à l’hypothèse de l’actrice qui bosse en parallèle avec un journaliste…
- Heu, personne est entré en fanfare depuis les cinq dernières minutes mon pote. Si tu écoutes bien, tu ne pourras entendre que le petit vent de folie qui souffle sous ton crâne. Rooohh, imagine, c’est toi le fou ! Ca serait drôle, non ?
- Tentative minable pour me faire penser à autre chose. Je resterais l’esprit concentré sur mon but, un point c’est tout. J’aurais cru que mon propre cerveau aurait trouvé un moyen plus habile de me perturber. Le coup classique de l’interrogation « Qui est fou ? » est aisée à contrer. On n’a qu’à vivre en croyant ce qu’on veut. Suivant comment les gens réagissent, on s’adapte, mais quoi qu’il en soit, rien ne change. Fou ou pas, on a des désirs à réaliser, et on est capable de tout sacrifier pour cela.
¤
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Trisha Welsh
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PostPosted: Tue 13 May - 20:32    Post subject: 129, University Road -Cabinet du docteur Soren Reply with quote

Le scepticisme, encore. Trisha soupira intérieurement. Comment lui en vouloir? On lui avait tellement répété que la Magie n'existait pas que, si sa mère et Lucine n'avaient pas étée là pour lui prouver le contraire, elle même n'aurait pas cru à son discour. Mais les faits étaient là.
Comment pouvait-on prétendre qu'elle avait rêver tout ces matins ou elle avait trouvé sa mère roulée en boule dans l'appenti, le visage couvert de sang et son corps nu zebré de griffures? Comment prétendre que l'odorat surdéveloppé de Caroline n'étaient que les effets de son imagination?

Comment prétendre que ces fois ou elle avait du donner son sang à Maillotte n'étaient que des fumisteries fabriquées de toute part par son esprit? Et surtout, comme prétendre que la brûlure dans son bras etait seulement psychologique?

'Ce que vous me dites est incroyable, et je me refuserais bien à y croire, seulement…. Les faits sont là. Je ne vois aucune explication plausible. Et comme disait Sir Arthur Conan Doyle à travers le personnage de Sherlock Holmes « Quand vous avez essayé tout ce qui était possible, c’est qu’il ne vous reste que l’impossible ».Vous avec bien dit qu’à part pour l’argent, vos blessures se régénèrent deux à trois fois plus vite ? Donc on peut comparer cela à une allergie à l’argent.'


Une allergie? Peut-être. Trisha ignorait comment fonctionnait une allergie exactement. enfin, elle savait bien que c'était du à un dysfonctionnement quelconque, certes... Mais en dehors de ça, ses connaissances se résumaient en une très vague brume de phrases sans signification concrète grapillées ici et là. Rien de bien clair, donc.

'Si allergie il y a, je pourrais tenter quelque-chose.' [...] 'Désensibilisation. Je pourrais tenter de vous désensibiliser. Je me base sur des principes de la médecine « habituelle » pour imaginer ce traitement, mais il pourrait marcher. S’il marche, je m’avancerai à dire que la lycanthropie est une maladie génétique.'


Désensibilisation. Un mot barbare pour signifier "libération". Voir disparaître l'argent de la liste des choses à éviter à tout prix. Pouvoir le considérer comme un métal parmis d'autre, et oublier qu'elle avait du sang de Lyan dans les veines?
Impossible. Même si l'argent ne lui faisait plus d'effets, ce qui par ailleurs serait un avantage, elle ne pouvait oublier d'ou elle venait. La simple sensation d'être plus
vivante à l'approche de la pleine lune, suffirait à le lui faire garder à l'esprit.

Mais ne plus avoir à craindre la composition de ses propres accessoires... Ca, ce serait appréciable. Et même, très appréciable.

'Mais j’en oublie de vous demandez votre avis. Vous êtes en droit de refuser, de me laisse plus de temps pour trouver un traitement un peu moins bancal. Je ne vous oblige en rien à participer à une quelconque expérimentation digne des pires histoires d’horreur.'


Evidemment, avec ce genre de phrases, elle se sentait de suite moins enthousiaste. Il fallait dire aussi que ce n'était peut-être pas la meilleure façon de présenter les choses, mais bon.


"Honnêtement je n'en sais trop rien. On ne sait même pas si ce traitement a des chances de marcher, après tout. Et l'argent me fait vraiment un très mauvais effet."


Pour preuve, elle saisit le couteau dont elle s'était entaillé la main et en appliqua le bout de la lame sur son poignet gauche. Oh, pas beaucoup, juste une seconde. Mais celà suffit à faire apparaître une marque triangulaire semblable à une brûlure.

"Et encore, j'ai beaucoup hérité de mon père. Comparé à ce que l'argent faisait à ma mère, ce n'est rien du tout."


Une fois, Caroline avait montré à sa fille pourquoi il ne fallait pas tourcher d'argent. L'image des boursoufflure et de la chair à vif l'avaient bien moins marqué que le gémissement durement contenu qui s'était échappé des lèvres de la lycane.
Trisha soupira, et ôta ses pieds du canapé, sans toutefois repasser ses ballerines. Elle hésita longtemps entre les deux options puis, comme elle ne s'engageait à rien en posant une question, elle interrogea Mathias:


"En quoi consisterait ce traitement exactement? J'imagine que me mettre en contact avec de l'argent est au programme. Mais à quelle fréquence, en quelles quantités, c'est celà que je veux savoir."
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