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:: Les chambres ::
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Arkhamis l'impitoyable
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PostPosted: Fri 20 Jul - 15:00    Post subject: Les chambres Reply with quote

Pour ceux qui ont besoin d'une convalescence prolongée.
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Annabelle Farrow
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PostPosted: Fri 9 Nov - 21:39    Post subject: Les chambres Reply with quote

Annabelle ouvrit lentement les yeux, une douleur immense se faisait sentir à ses pieds. Elle se sentait engourdie. Le soleil venait à peine de se coucher et malgré le peu d'éclairage, elle pouvait bien remarquer la blancheure aveuglante des murs. Où était-elle? Elle n'en avait aucune idée. Son regard ambré parcourut rapidement la pièce, pour remarquer que sur une chaise était plié ses vêtements. On l'avait changé, mais qui avait fait un telle chose? Elle l'ignorait. Toujours en scrutant les lieux, elle remarqua que son pied avait était surélevé et entouré de quelques tiges, comme pour le soutenir. Bien qu'elle ne voyait pas l'utilité de telles machineries, elle se devait bien d'admettre que c'était soulageant. Mais elle n'allait pas rester là. Dans le couloir, des gens parlaient, et elle comprenait bien qu'elle ne pourrait pas s'enfuir par là. Elle enleva le pied de l'étirer, se dévêtue et enfila ses vêtements. Sa cheville lui faisait mal, très mal, mais c'était endurable.
Sans pouvoir réellement s'empêcher, elle porta une oreille à ce qui se disait de l'autre côté de la porte.


" Alors, comment elle va? "
" Elle va bien, enfin, mieux que lorsqu'elle est arrivée "
" Avez-vous trouvez comment elle est arrivée? "
" On croit que quelqu'un l'a commencé, il n'y a aucune autre explication possible... "
" Et la morsure? "
" Rien, elle ne souffre que d'engelures mineures et d'une cheville cassée. "
' Vous avez fait les tests? "
" Oui, elle semble avoir une alimentation carnivore, suite à sa dentition ce qui expliquerait aussi les carences alimentaires dont elle souffre... De plus, elle semble photosensible, les réactions se sont vue très violente au niveau de la pupille mais... "

Elle cessa d'écouter. Elle ne comprenait rien à tout ce charabia. Annabelle jeta un bref regard par la fenêtre, entrouverte. C'était tout bonnement parfait, elle n'était pas situé très haut, elle pouvait donc sortir par là. Et c'est d'ailleurs ce qu'elle fit, retournant dans la ville, bien qu'ignorant où...
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Eleusius Sangreviento
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PostPosted: Tue 4 Nov - 21:40    Post subject: Les chambres Reply with quote

J'ouvris les yeux avec une douleur sourde et lancinante à la tête. La premiere chose que je captai fut des sons de voix... des voix pleines de vie... ainsi j'avais survécu au terrible coup que j'avais pris?

Doucement, je me redressai et frottai ma nuque. Je n'étais tout de même pas passé loin cette fois, j'avais failli mourir pourvu que cette expression puisse être utilisée à mon égard. Je tentai de me redresser, avant de retomber sur mon lit, assommé par le coup de marteau auquel ma tête servait d'enclume.


* Mon royaume pour une aspirine...*

Je décidai de m'accorder quelques instants: je me laissai aller à regarder le plafond de cette chambre d'hopital en me laissant aller à rassembler mes souvenirs. Je revoyais Slevin... L'invocation de Cromwell... Cordélia...

- Cordélia!!!!!!

Je me redressai d'un coup avant de regretter amèrement mon geste. La main sur mon visage, essayant de controler la douleur, je serrai les dents tout en essayant de lutter contre cette pensée qui m'assaillait. J'avais échoué...

J'arrachai mes perfusion, étrangement composées majoritairement de sang, et croisai mes bras sur mon visage.


*A une autre époque, tu n'aurais eu aucune difficultés à bouger dans cet état*

Je regardai autour de moi, à la recherche de la personne qui venait de parler. Ne voyant personne, je cherchai Silent, dont je n'avais pourtant pas reconnu la voix.

*Personne... Je reve?*
*Non, absolument pas... Mais il n'est pas encore temps pour nous deux de faire connaissance... tu dois te lever et vite. Tu as autre chose a faire que te lamenter sur ton sort.*
*Mais... Et Cordélia?*
*Cordélia s'est faite violer par son créateur, pendant plusieurs mois, et tu n'as pas pu l'empécher... c'est un fait.*[/b]

Je restai médusé par cette annonce... Qui était-il? Et quelle confiance pouvais-je accorder a ses propos? J'arrachai les dernieres transfusion et me levai, décidé a ne pas m'interoger sur ce phénomène étrange... Les réponses viendraient d'elles même, comme toujours.

[b]*Mal à la tête... semblable à la gueule de bois des alcooliques... ça veut dire que j'ai été en manque de sang pendant longtemps... J'ai vraiment faillit mourir semble-t-il. Je me demande si je saurai un jour qui m'a sauvé.*


Je me levai et m'habillai. J'étais faible, mais j'étais suffisemment en forme pour bouger. Je trouvai mon jackall et Silent dans un coffre. J'étais prêt à partir...
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Oura Valentine
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PostPosted: Sat 15 Nov - 13:44    Post subject: Les chambres Reply with quote

Le lendemain...

Il semble, qu'à nouveau son esprit émerge, et regagne ce monde...

L'opération avait été douloureuse, et malgré une régénération des tissus accrue, les fibres à peine reconstruites de ses muscles en restaient douloureuses à l'usage.

Il ne prit conscience de l'étendue de ses courbatures qu'une fois ayant contracté ses abdominaux dans un geste vif pour se relever.

Il avait vraiment mal partout, ayant même du mal a déplier les bras, quand il touchait ses pectoraux, ou ses abdominaux, se touchant partout, pour vérifier que tout était encore là, on ne sait jamais avec ces chirurgiens, le simple fait d'appuyer dessus était douloureux, mais ce n'était pas étonnant, c'était la première fois depuis des mois qu'il s'y remettait.

Une infirmière entra dans la pièce, remarquant son éveil, elle s'adressa donc à lui :

"-Bonjour, vous devriez rester coucher encore un peu, c'est trop tôt pour bouger !"

Il se leva du lit, n'écoutant pas ses conseils, il serra un peu les dents, chaque mouvement était douloureux.

"-Non ! Vous devez rester alité au moins trois jours ! Qu'est ce que vous faites ?!"

L'infirmière recula, c'est vrai, elle n'avait jamais vu une telle créature, même si l'hopital lui imposait le secret sur ce genre de cas, elle n'en restait pas moins effrayée de se retrouver avec un tigre-garou dans une chambre d'hopital...

"-Je ne peux pas rester ici plus longtemps."

Il ne prendrait pas de repos, il savait bien qu'ils n'en prendraient pas eux, en continuant de le traquer, ils le retrouvaient toujours, où qu'il soit...

D'ailleurs ce détail commençait à l'énerver, il ne comprenait toujours pas comment c'était possible.

Son regard vagabondait dans la pièce, se retournant sur lui même, il était nu, et cherchait ses affaires.

L'infirmière s'approcha, sans doute rassurée par la prise de parole de l'hybride, elle posa une main sur son épaule, et força un peu, espérant le faire se rassoir sur le lit.

Oura n'était pas habitué à ce genre de contact surtout venant d'une inconnue, il se tourna sur lui même laissant glisser la main hors de son épaule, sa main droite prolongea le mouvement du poignet de l'infirmière pour lui faire subir une clef de bras et profiter du poids de son corps, qui, était entrainé vers lui, pour appuyer sur son dos, et la "jeter" sur le lit.

"-Où sont mes affaires ?"

Elle se tourna sur le lit pour faire à nouveau face au lycant, elle resta interdite, sa ligne d'horizon au niveau du lit venait de croiser quelque chose qui lui coupa la respiration en plus de lui donner une bouffée de chaleur.

Il se dressait là devant elle, sans la moindre pudeur, elle leva le regard progressivement, "çà" bien imprimé dans son esprit elle rougissait encore quand elle détailla le corps de l'homme tigre qu'elle avait en face, remontant depuis une taille fine à un nombril profond, aux lignes marquées de ses abdominaux, le corps s'élargissait en levant le regard, deux pectoraux de taille moyenne et des épaules larges et rondes, plus homme que tigre, pensa t'elle en observant le visage et les cheveux de la créature, mais elle comprit bien vite qu'il n'aimait pas être observé, ni détaillé de la sorte, cela lui rappelait la fascination des enfants qui venaient le voir lorsqu'il était enfermé dans une cage, au cirque, et qu'on levait le rideau pour le montrer à la foule, et qu'après la fascination venait la peur dans le regard, et qu'après la peur, les pierres sur son corps.

Alors, sa main, énorme, d'une force monstrueuse, empoigna sa gorge pour l'étrangler et la soulever du lit.

"-Qu'est ce que t'as à me matter comme ça ?!"


La bête émit un grognement en approchant son visage si près de celui de la femme qu'elle put sentir sa respiration, il renifla rapidement autour de sa tête, parfois reniflant ses cheveux, cette attitude sauvage ne la rassura pas.

Il la relâcha en redescendant le bras, ses pieds touchèrent à nouveau le sol, elle se mit à tousser, elle ne représentait aucune menace, et n'avait pas peur, son métier l'avait habituée à ce genre de situations, sans doute.

"-Bon je ne plaisante pas je m'en vais, et j'ai pas envie de me promener à "poil" dans la rue, vous imaginez la panique ?"


"-Je comprends, je vais les chercher, je reviens immédiatement !"

Aussitôt l'infirmière sortie, un médecin entra dans la pièce, avec un objet étrange dans la main.

Il s'approcha et me montra l'objet en question.

"-Nous avons cru bien faire en retirant ce corps étranger de votre corps, nous avons trouvé ceci soudé à votre quatrième côte droite..."

Oura se saisit de l'objet sans dire quoi que ce soit, pour le regarder de plus près.

Il sagissait d'un...

"-Un émetteur ! vieux d'au moins 40 ans ! Enfin, c'est ce que la taille des composants électroniques qui sont à l'intérieur, m'ont appris..."


C'était donc comme ça qu'ils me retrouvaient si vite, ceci devait être consigné dans les documents du dossier qu'ils possédaient, mais il ne comprenait pas comment cet objet fonctionnait encore depuis tout ce temps...

En l'ouvrant il comprit que la pile était alimentée par plusieurs capteurs thermiques, la chaleur produite par son corps était l'énergie qui maintenait l'appareil en fonction...

"-Merci d'avoir pensé à le retirer..."


L'infirmière revenait avec mes affaires, je put enfin me rhabiller.

"-J'ai laissé votre... enfin, si on peut appeler un truc avec un poids pareil une épée, dans le couloir, vous comprendrez que si je suis incapable de la lever, je n'allais pas la trainer jusque dans votre chambre sans abimer le carrelage de l'hôpital"


"-Si je puis me permettre une question, je suis assez curieux de savoir pourquoi vous vous baladiez avec cette chose dans le corps, ce n'est pas tous les jours qu'on trouve un éméteur dans le corps d'un patient et..."

"-J'ai pas le temps pour une interview, je te signerai un autographe plus tard..."


Le toubib me suivit jusque dans le couloir, une grossière erreur, sa curiosité allait lui couter la vie, au moment ou je soulevai mon épée du sol, je vis débarquer trois autres de ces foutus agents au fond du couloir, bousculant une infirmière qui laissa tomber une tonne de paperasse sur le sol.

Ces messieurs plongèrent leurs mains dans leurs vestes et sortirent leurs colts, je n'avais pas beaucoup de temps pour agir, avant qu'un coup de feu ne parte, j'avais choisi d'étaler l'infirmière au sol, le médecin n'avait pas cru bon faire de même, ce premier coup de feu le toucha à la tête, le tuant sur le coup.

Je relevai l'infirmière aussi sec, et attrapai le médecin au vol, qui était resté figé sur place quelques secondes... Ses yeux louchèrent, et se révulsèrent.

Nous reculâmes vers la chambre, d'autres coups de feu partirent, je me servi du corps du malheureux médecin comme d'un bouclier.

L'infirmière, horrifiée, criait, hystérique, je la glissait sous le lit de la chambre.
"-Planquez vous là hors de portée, c'est pas après vous qu'ils en ont."

Le docteur n'était plus très utile, mort, mais je pouvai encore me servir de lui, coinçant son bras dans la poignée de la porte pour la "barricader"

Une seule issue possible, la fenêtre...

Vu la hauteur il était au moins au quatrième étage... par chance s'il sautait assez loin, il atterirait sur le toit d'une maison en bas, cela lui laisserait une chance d'éviter de se briser les os, ca serait con vu qu'il sort de l'hôpital.

Il prit son élan, et au moment où les agents tirèrent à travers la vitre de la porte de la chambre, il sautait déja à travers la fenêtre...

Ce saut sembla durer une éternité, était ce du à l'adrénaline provoquée par la peur de se rater, où était-ce le temps, qui, s'était prolongé ?

Il atterrit sur les tuiles de la maison sur laquelle il avait espéré se retrouver, mais même s'il avait amortit le choc depuis le bout de ses orteils, en fléchissant les muscles de ses pieds, ainsi que ses chevilles et ses genoux, l'impact décrocha un bon paquet de tuiles, qui glissèrent du toit telle une avalanche, l'emportant dans leur descente...
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Vortimer C. O'Briain
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PostPosted: Mon 30 Nov - 18:35    Post subject: Les chambres Reply with quote

Vortimer était assis devant la fenêtre de sa chambre, contemplant les nuages, le regard perdu à l'horizon. Pour une fois, le soleil régnait en maître sur la vieille ville et le fond de l'air était vivifiant, plutôt agréable même. D'ailleurs, l'homme ouvrit la fenêtre afin de laisser Zéphyr et Alizée lui revigorer les sens.
Des oiseaux chantaient. C'est magnifique, le chant des oiseaux. On y prend si rarement garde. La plupart du temps, on se dit, peut-être, que c'est beau. Mais on ne prend jamais vraiment le temps de les écouter, complètement.
L'air, également. Ce vent porteur de mille et une saveurs, de tant de parfums les plus étranges, les plus subtiles, grossiers et communs ! Ces senteurs qui glissent sur nos récepteurs olfactifs, dont nous ne prenons que peu la peine d'en analyser toutes les subtilités !

Le Padre déglutit, laissant tous ses sens parcourir le monde et lui rappeler à quel point, vivre était beau. Puis il contempla sa main gauche : il la leva devant les yeux, bougeant ses doigts les uns après les autres, s'impressionnant de la précision avec laquelle ils venaient se heurter les uns les autres sous l'effet de sa volonté. Avec quelle aisance, ils parvenaient à saisir délicatement ce verre d'eau et le porter à ses lèvres. Net et sans bavure.

Oui. Vivre était un sentiment incroyable. Cette chose si banale, que l'on fait machinalement au point de n'y accorder qu'une moindre importance. Jusqu'au moment où l'on a côtoyé la mort de près.

L'ecclésiastique reporta finalement son regard sur la lettre du Vatican, qu'on venait de lui apporter, ainsi que sa commande d'habits. Il la relut pour la cinquième fois, toujours aussi calme et serein.

Ils étaient au courant de tout. Depuis le début.

Ils savaient pourtant que le prêtre vieilli prématurément avait repris les rênes de la paroisse. Alors pourquoi ne l'avait-on pas prévenu de ce qui se passait ? On l'aurait sacrifié, sans chercher à savoir si des Justes pouvaient encore se trouver en ses lieux.
Mais après tout... Y avait-il encore des Justes, parmi la population de Galway ? Non. Tous étaient probablement coupable aux yeux du Saint-Père. Et ceux qui ne savaient rien étaient certainement coupable de ne rien savoir !

Vortimer laissa passer la tempête sur son coeur. S'énerver ne rimait à rien. Et en tout cas pas dans son état.

Le Padre se redressa dans sa chaise roulante. Le modèle grand luxe, pour paraplégique de premier choix. Il avait intérêt à s'y faire, et rapidement. D'après les médecins, il risquait d'y être cloué encore un long moment. Toute sa vie, peut-être, d'ailleurs. Malgré les 14h que dura l'opération, les chirurgiens ne furent pas en mesure de réparer tous les nerfs atteints et finalement, on lui avait dit que seul le temps - ou un miracle - pourrait lui permettre d'utiliser à nouveau ses jambes. Et encore ! S'il parvenait à remuer à nouveau les orteils, il n'était pas encore assuré qu'il puisse gambader comme un vieillard.

Le dévot froissa la lettre du Vatican de sa main valide, contemplant sa main droite drapée de bandages. Ce vampire... Cette satanée bestiole.
Il ne pouvait pas s'en vouloir. Il était peut-être parvenu à protéger un chrétien. Ou tout du moins, un pauvre vagabond qui aurait du finir en amuse-gueule. Et il n'avait pas été préparé à cette confrontation. En fait, il ne s'y attendait pas du tout.

Il porta ensuite son regard sur la pile de bouquins que le brave Henry était parvenu à sauver des décombres du Manoir Sullivan. Tous traitaient de sujets interdits par l'Eglise : on y parlait de lycanthropes, de vampires, de succubes, mais aussi de druidisme, de chamanisme et autres sorcelleries.

La prochaine fois, Vortimer serait prêt. Et il ne se laisserait pas avoir si bêtement.

Mais tout d'abord... Il devrait prendre contact avec ce financier, ce Béhémoth. Et remplir sa nouvelle mission.

Galway avait besoin de lumière. Et il allait tout faire pour lui en apporter une pleine brassée.

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Cordelia O'Connell
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PostPosted: Tue 1 Dec - 19:32    Post subject: Les chambres Reply with quote

[suite de la soirée d'ouverture]

La vampire avait été amenée à l'hôpital par les soldats de Natalia. Une fois arrivée, elle avait été placée dans la section spéciale de l'hôpital, une aile du bâtiment entièrement consacrée aux créatures dans son genre.

Des médecins s'étaient occupés d'elle. Ils avaient recousues ses plaies avant de les bander et lui avaient trouver une place confortable dans une chambre. La vampire était allongée là depuis quelques jours, une énième poche de sang en perfusion. Cordélia avait perdu beaucoup de sang durant la soirée d'ouverture du zombillénium et les médecins avaient donc était dans l'obligation de la transfuser en grande quantité. Mais elle ne se régénérait pas rapidement et il lui fallait encore prendre des forces


Pendant son inconscience, la vampire faisait de drôles de rêves. Eleusius était là, prêt d'elle, il avait décidé de l'aider. Il lui assurer qu'il avait toujours été là. La jeune femme était furieuse. Pourquoi avait-il ainsi jouer avec elle? Pourquoi ne lui avait-il pas avouer tout de suite qu'il n'était pas mort?

Cordélia se réveilla doucement, elle voyait flou au début mais, rapidement, la vue devint plus claire. Elle tenta de se relever mais se rallongea assez rapidement, la tête lui tournait.


"Oula... Qu'est ce que...?"

Tout devint rapidement clair dans son esprit. La soirée d'ouverture, Klaüs, le chargeur d'une arme qui se vidait sur ses épaules, une douleur atroce, Eleusius qui tentait de la guérir...


*Eleusius?*

La vampire tentait de chercher dans ses souvenirs, l'accident devait sans doute y être pour quelque chose. Ses souvenirs étaient confus, tout n'était pas très clair... Requiem, Eleusius, qui était-il vraiment? Il fallait qu'elle sache ce qui s'était réellement passé hier soir.

Un jeune homme arriva dans la chambre, blouse blanche, stéthoscope autour du coup. Il ne semblait pas vraiment avoir peur de la vampire


"La belle au bois dormant se réveille enfin..."

Cordélia le regarda surprise.

"Qui êtes vous? Ou suis-je?"

"Docteur Stephen, votre médecin. Vous êtes à l'hôpital. Il semblerait que vous aillez fait une mauvaise rencontre."

Il désigna les épaules de la jeune femme.

"L'arme a fait beaucoup de dégâts, nous avons dû vous recoudre. Mais dans quelques jours, si vous vous alimentez correctement il ne devrait plus rien paraître."

La vampire regarda ses épaules.

*Chouette, une proie encore plus facile...*

Elle demanda au jeune médecin si un homme de la description d'Eleusius n'avait pas été auprès d'elle lorsqu'elle avait été amenée ici, après tout, elle avait l'impression qu'il l'avait sauvé alors pourquoi pas... La réponse négative du médecin la déçue un peu, mais cependant il lui semblait étrange d'avoir ainsi confondu Requiem et Eleusius, il s'agissait de deux hommes tellement différents.

"Je suppose que je peux sortir maintenant..."

Elle faisait mine de s'en aller mais remarqua alors qu'elle ne portait qu'une robe d'hôpital. Elle se sentait un peu mieux, bien que vaseuse, mais elle ne voulais nullement le montrer à ce médecin.

"Euh vous pourriez me trouver des vêtements?" Puis désignant la perfusion... "et me retirer ça?"

Le médecin ne semblait pas vraiment d'accord, mais après une grande insistance de la part de la vampire, il finit par céder. Cordélia savait se montrer persuasive lorsqu'elle le voulait.


Après quelques heures de négociations et d'attente, la jeune femme sortit de l'hôpital, les épaules bandées, toujours affaiblie par ses blessures.

*Bien, il faut que je trouve Requiem...*

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Les larmes qui coulent sont amères mais plus amères encore sont celles qui ne coulent pas.
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Ava Theodora
Humaine vertueuse
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PostPosted: Tue 23 Feb - 01:08    Post subject: Les chambres Reply with quote

"Les voies du Seigneur sont impénétrables..."


La douleur et le choc avait eu raison de la conscience d'Ava et elle avait peu à peu sombré dans le coma alors que Jessica la transportait à l'hôpital. Elle ne souvenait de rien d'autre à part la douleur fulgurante à son cou et la vision des pavés lorsqu'elle avait heurté le sol...Rien d'autre...le noir complet...La religieuse avait erré pendant des heures, des jours, dans les pénombres de son propre esprit, implorant son Dieu de l'aider sans recevoir aucune réponse. Les ténèbres...Et puis soudain comme une lumière...et la douleur qui revenait à son esprit...Les néons blafards d'une chambre aseptisée, l'odeur des produits d'entretien qui couvrait celle de la mort et de la maladie...et la douleur omniprésente dans ses membres, dans son crâne, sur son cou...

Les yeux grands ouverts, la jeune femme essaya de hurler, d'appeler à l'aide, de se lever, mais son corps refusait d'obéir. Seul les "bip" monotones de l'électrocardiogramme lui revenaient, tout comme le son de l'air qui circulait dans les tuyaux reliés à son nez. Ava leva les yeux, au prix de milles efforts tant ils la brûlaient, et vit les gouttes tomber au ralentit dans la poche de perfusion. Elle eût vite l'impression qu'on avait installé un grand orgue dans son crâne, qui jouait dans les notes les plus graves sur un rythme lent et lancinant...Ses doigts tâtonnèrent difficilement jusqu'à une petite manette qu'elle actionna, espérant appeler quelqu'un à son aide.

Épuisée, elle essayait de relever la tête au maximum, de bouger, mais son corps pesait des tonnes et sa tête semblait faite de plomb. La religieuse put néanmoins avoir un bref aperçu de la pièce dans laquelle elle se trouvait: des murs aux couleurs pastelles défraichies, trois lits vides, et surtout son propre corps retenu par des lanières, comme pour les malades mentaux ou ceux dont les mouvements échappaient à tout contrôle... Ses yeux s'emplirent de larmes et sa voix n'était qu'un murmure sanglotant...

S'il vous plait...s'il vous plait...il y a quelqu'un?
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Naomi Moore
Humain
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PostPosted: Tue 23 Feb - 03:31    Post subject: Les chambres Reply with quote

Une infirmière était venue en catastrophe jusqu'à mon cabinet. Elle avait ouvert la porte sans frapper, toute essoufflée. Heureusement que je n'étais pas en train de vérifier comment se portait mon intimité à ce moment-là.
Enfin bref, je la regardais, les yeux ronds et, j'attendais que la demoiselle me dise ce qu'elle était venue faire ici. Mais elle tentait de reprendre son souffle. Alors je l'incitais à parler en lui demandant ce qu'il se passait. Non parce-que si il y avait le feu, j'aurais aimé qu'elle me le dise assez rapidement... Elle finit par me dire, que la femme qui avait été sauvagement attaquée s'était finalement réveillée.

À ce moment-là, je me levais de mon bureau en fronçant les sourcils, sans oublier de dire à cette infirmière qu'elle aurait pu le dire plus tôt ! J'allais la rejoindre à la porte de mon cabinet et lui demandais de m'indiquer où était la chambre de cette femme.
Après être passée dans plusieurs couloirs de ce grand labyrinthe qu'était l'hôpital, je pensais avoir finalement trouver la chambre de la patiente. Parce-que plusieurs médecins, internes, et infirmières s'agitaient en entrant et en sortant dans un ballet interminable dans l'une de ces chambres.

Je tentais alors, de me frayer un chemin, me faisant bousculer par quelques personnes. Mais je parvins finalement à me faufiler jusqu'à l'intérieur de la chambre. Les médecins regardaient le dossier de cette dame, pendant que les autres vérifier que tout allait bien. Ils étaient tous là dans sa chambre à parler de soins entre eux, en utilisant des termes savants que ni la patiente ni moi pouvions comprendre. Mais par contre, aucun d'entre eux ne faisaient attention à elle...

Alors, je m'avançais vers les médecins pour les saluer. Ils parlaient d'elle comme étant un "cas particulier". Ils ne voyaient en elle que ses blessures et sa potentielle guérison.


- Elle se nomme Ava Théodora... C'est inscrit sur son dossier médical. Et je suis justement la psychologue en charge de ce dossier, je devais être présente à son réveil. Et seule à seule. Alors si vous pouviez disposer ce serait vraiment sympa !

De l'air les savants ! De l'air !
Ils finirent par s'en aller de la chambre, non sans rouspéter. Ils ne comprenaient pas qu'une psychologue puisse leur demander de partir. Normalement ils n'étaient pas censés m'écouter mais puisqu'ils étaient assez bêtes pour le faire, tant mieux pour moi. Et surtout tant mieux pour cette femme.
Lorsque le dernier soignant était partit de la chambre, je refermais la porte derrière lui puis j'allais chercher l'unique chaise qu'il y avait dans chaque chambre et je la plaçais à côté du lit de façon à être face à Ava.


- Bonjour, je me présente, je suis Naomi Moore, la psychologue de l'hôpital.

Je l'observais, malgré le fait qu'elle soit réveillée elle semblait aller mal. Mes yeux avaient ensuite glissés sur les sangles qui la maintenaient au lit. J'aurais aimé pouvoir les lui enlever mais... il ne valait mieux pas.

- Vous devez sans doute avoir beaucoup de questions et je tâcherais d'y répondre le mieux possible. Mais ne vous pressez pas... Vous devez encore récupérer vos forces, alors prenez votre temps.
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Ava Theodora
Humaine vertueuse
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PostPosted: Wed 24 Feb - 17:51    Post subject: Les chambres Reply with quote

Un amas de personnes tout autour d'elle, qui chuchotaient des symptômes, des verdicts médicaux, tout un tas de mots que la jeune femme ne comprenait pas. Mais leurs voix résonnaient dans sa tête, comme amplifiées d'un écho qui n'avait pas lieu d'être. Jusqu'à l'apparition de cette femme, ils n'avaient eu de cesse de la scruter, de l'ausculter, comme un objet qu'on se passe de main en main pour l'observer sous toutes les coutures. Si les raisons de ces comportements lui étaient inconnus, la honte et la gêne qui naissaient en elle la répugnait...elle les détestait, elle voulait les tuer...Au bord des larmes, elle ne comprenait pas ce que ce genre de pensées impures faisaient en elle.

Enfin ils firent silence et disparurent de son champ de vison, et de son ouïe. Elle pouvait entendre leurs pas sur le sol, les soupirs indignés suite à l'arrivée de la psychologue, puisque c'était ce qu'elle était. A nouveau elle essaya de bouger mais les sangles la retenait durement contre le matelas, empêchant tout mouvement cohérent. La jeune religieuse essayait de contenir la panique qui s'emparait d'elle, sentant ses mains trembler plus que de raison. A voix basse, elle murmura un Notre Père, fermant les yeux à s'en fendre les paupières pour retrouver un peu du calme serein qui la qualifiait d'habitude.

Lorsqu'elle les rouvrit, la femme s'était assise en face d'elle, à une distance raisonnable. Naomi Moore...Psychologue...En quoi une personne sortant de ce que les médecins avaient qualifiés de "coma" avait besoin d'un psychologue? Qu'est-ce que cette femme lui voulait? Et le regard qu'elle avait jeté aux sangles était des plus étranges. Ava inspira et expira longuement pour retrouver un peu la maitrise de sa voix, pour calmer son cœur qui battait la chamade, avant de murmurer.

Où suis-je? Qu'est-ce qu'il m'est arrivé?

Une douleur lancinante naquit dans son cou, se réverbérant jusque dans son crâne, semblant vouloir le faire exploser. Elle ferma les yeux pendant que des larmes de douleur pure coulaient sur ses joues. Jamais elle n'avait eut mal comme ça, même avec le silice qu'elle portait...Son silice! Elle ne le sentait plus sur sa cuisse, on le lui avait enlevé! Sa main se posa sur l'endroit où l'objet devait normalement se trouver, mais ne rencontra aucune aspérité confirmant sa présence. En se concentrant un peu, elle appuya où devaient se trouver les blessures causées...rien...aucun creux, aucune douleur...Elle ne pouvait cependant pas en parler, elle savait pertinemment que ce genre de choses n'étaient pas compris par les gens, alors des médecins et des psychologues...
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Naomi Moore
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PostPosted: Sat 27 Feb - 01:24    Post subject: Les chambres Reply with quote

Cette jeune femme me faisait de la peine. C'était difficile de la voir ainsi, mal au point, perdue, attachée comme un animal. Et c'était encore plus difficile de la voir ainsi, avec la nouvelle que je devais lui annoncer. Elle avait l'air innocente et puis, d'après ce que les médecins m'avaient dit, ou plutôt ce qui était inscrit sur son dossier, c'était une religieuse.
C'était déjà assez difficile d'apprendre une telle nouvelle pour monsieur ou madame tout le monde. Alors pour une personne religieuse... Elle allait sans doute prendre ça pour une punition de la part de Dieu.
Mais je n'allais pas lui dire tout de suite, pas si vite, pas comme ça. Je voulais la ménager, savoir dans quel état d'esprit elle était actuellement mis à part, perdue, déboussolée. Il fallait d'abord que j'essaie de la cerner un minimum, pour tenter de la rassurer après lui avoir annoncer cette triste nouvelle.
C'était d'une voix faible qu'elle s'était adressée à moi et je me penchais légèrement vers elle pour entendre ce qu'elle était entrain de me dire.
Je posais ensuite ma main sur son avant-bras, mais en faisant en sorte que sa main ne puisse pas m'agripper, pour qu'elle puisse mieux sentir ma présence et peut-être, être rassurée par ce contact.


- Vous êtes à l'hôpital Sainte-Madeleine. Vous avez eu besoin de soins après avoir été attaquée il y a quelques nuits. Vous avez été dans le coma pendant un certain temps et vous voilà réveillée.

Je voulais rajouter " ça tient du miracle " afin qu'elle n'oublie pas sa foi après la nouvelle, mais finalement, je ne dis rien. J'attendais, ce n'était pas encore le bon moment.


- Est-ce que vous vous souvenez de quelque chose ? Quelques souvenirs de ce qu'il s'est passé ce soir là ?

C'était sans doute un peu tôt pour qu'elle s'en souvienne. Elle venait à peine de se réveiller et elle devait encore être en état de choc. Je tentais seulement de gagner du temps. C'était une nouvelle difficile à annoncer, et je cherchais mes mots pour pouvoir lui annoncer convenablement.
Mais existaient-ils des mots " convenables " pour annoncer une telle chose ?
Elle risquait de réagir violemment. À cause de ce qui était maintenant en elle et je ne savais pas si j'étais prête à voir ça.

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Ava Theodora
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PostPosted: Sun 28 Feb - 19:54    Post subject: Les chambres Reply with quote

Le contact de la main de la psychologue sur son bras manqua de la faire hurler de douleur. C'était comme si on lui arrachait la peau avec une lenteur sadique, comme si le dessous de sa peau se détachait de sa chair. Ava ferma de nouveau les yeux, terrifiée par une douleur qu'elle n'avait encore jamais côtoyé, même avec les châtiments qu'elle s'infligeait chaque jour. Elle était à l'hôpital...comme si elle ne l'avait pas remarqué...le sarcasme l'empêchait de penser trop à la douleur. Ainsi elle avait été attaquée...mais par qui?

Je...je me souviens d'une grande douleur au cou...

Joignant le geste à la parole, elle porta la main à son cou et sentit une énorme cicatrice qui s'étendait de sous l'oreille jusqu'à la moitié de son épaule. Qu'est-ce qui avait bien pu lui faire ça? Était-ce son accompagnatrice lui avait fait ça?

Co...comment je suis arrivée ici??

L'anxiété et la panique prenait le dessus sur le comportement rationnel et posé de la religieuse, son corps se contracta violemment et se tendit sous les sangles qui la retenait de plus en plus difficilement. Le son du tissu qui craquait lui parvenait étouffé, comme à travers de l'eau. Les ombres s'emparèrent de son esprit, voilant sa vision et l'empêchant de parler.

    *Dieu t'as abandonné...*

    Une voix inconnue s'élevait et résonnait à travers le crâne de la jeune femme, suave et chaude, sans qu'elle sache d'où elle provenait. Il lui semblait qu'elle était partout et nulle part à la fois...Debout au centre de son propre esprit, Ava essayait de revenir à la réalité mais rien n'y faisait. Deux grands yeux d'une couleur entre l'émeraude et l'ambre s'ouvrirent au dessus d'elle, rieurs.

    ...ou Il t'a aidé...enfin nous!
    Qu'est-ce que tu es? Sors de mon esprit, créature du malin!
    Oh...c'est pas gentil ça! Va falloir t'y faire ma jolie, toi et moi c'est pour un petit bout de temps maintenant!

    Qu'est-ce que cette chose était? Et ces grands yeux qui la regardaient....
    Tu comprendrais bien assez vite, va!


Le corps de la jeune femme s'affaissa dans le lit, et elle ouvrit lentement les yeux. La conversation mentale avait duré cinq bonnes minutes, mais elle ne s'en souvenait pas. C'était comme si elle avait cligné des yeux...

Et la femme qui était avec moi dans la rue...comment va-t-elle?
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Naomi Moore
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PostPosted: Sun 28 Feb - 20:51    Post subject: Les chambres Reply with quote

J'étais toujours légèrement penchée vers Ava, afin d'entendre au mieux ses paroles qui ressemblaient plus à des murmures pour l'instant. Je continuais à l'observer, son visage, ses gestes, ses réactions. La jeune femme fermait les yeux, peut-être essayait-elle de se souvenir de quelque chose.
Elle se souvenait simplement d'un douleur au cou, elle ne se souvenait pas du lycanthrope, ni de ce qu'il lui avait fait apparemment... C'était bien ma veine. Étant donné qu'elle ne se souvenait pas de cette attaque, enfin, pas de la bête en tout cas, je n'allais pas pouvoir lui annoncer la nouvelle par sous-entendus, mais très clairement.
Mon coeur s'accélérait, je sentais le stress monter en moi. Je tentais de me calmer, me rappelant que j'étais psychologue et que je ne devais pas stresser. Mais là c'était vraiment dur de faire autrement, je n'avais jamais annoncé ça, et je n'avais jamais vu une personne qui avait été attaqué par un lycanthrope. Autant vous dire que c'était carrément nouveau pour moi et que cela me faisait carrément stresser !

Respires ma grande, respires ! Après tout ce n'est pas toi qui est sur un lit d'hôpital. Alors tu te calme et tu fais ton boulot.

J'en avais marre de ma conscience, non c'est vrai quoi. Ce n'était pas à elle de faire le sale boulot, ce n'était pas elle qui allait devoir annoncer à cette pauvre demoiselle que la vie telle qu'elle l'avait connu était terminée.

- C'est une jeune femme qui vous a emmené jusqu'à l'hôpital.

Je tentais de faire des phrases courtes et simples, non pas parce-que je la prenais pour une idiote mais parce-que je ne voulais pas qu'elle s'embête à essayer de me suivre dans mes grands discours.
Bon ok, c'était l'excuse que je me donnais, mais la vérité c'était que je faisais des phrases courtes pour éviter qu'elle ressente mon stress... Il ne fallait pas que ma voix ai le temps de trembler ! Mais je me demandais si le lycanthrope qui était maintenant en elle pouvait ressentir ça... C'était sans doute un peu trop tôt mais bon il valait mieux rester vigilante.
Je m'apprêtais à lui demander si elle voulait quelque chose, un peu d'eau par exemple, au moment où elle ferma une nouvelle fois les yeux.
Je plissais les miens pour la regarder. Elle ne semblait pas aller très bien, ses muscles s'étaient contractés et elle ne semblait plus être avec moi. Alors, je me levais subitement de ma chaise, pour me pencher au dessus du lit et voir si je pouvais faire quelque chose pour elle. Sa respiration était accélérée, elle faisait de l'hyperventilation. Je l'appelais plusieurs fois par son prénom mais elle n'eut aucune réaction.

Je jetais un coup d'oeil à l'électrocardiogramme, tout avait l'air en ordre, mais je n'étais pas non plus sûr de moi. Après tout je n'étais pas un médecin. Mais le "bip" de la machine ne s'était pas affolé... Par contre moi je stressais de ne pas la voir rouvrir les yeux et de ne pas savoir quoi faire.
Et au moment où j'allais appuyer sur le petit bouton pour appeler une infirmière ou n'importe quel personnel soignant, Ava ouvrit à nouveau les yeux et me demanda comment allait la femme qui était avec elle ce soir là... Jessica Norwel.


- Elle va bien. Ne vous en faites pas... Mais j'aimerai savoir si vous vous sentez différente ? Vous venez seulement de vous réveiller donc cela doit être encore un peu flou pour vous, mais c'est une question importante. Est-ce que vous avez l'impression que quelque chose à changer en vous ?

C'était une question qui pouvait paraître assez bizarre et vague, alors je lui précisais:

- Dans vos sentiments par exemple, ou des pensées qui d'habitude ne sont pas dans votre esprit...
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Ava Theodora
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PostPosted: Tue 9 Mar - 16:39    Post subject: Les chambres Reply with quote

Le monde était de plus en plus flou autour d'elle, ses yeux lui montrait l'environnement déformé comme à travers des flammes...les flammes du Malin qui s'était introduit dans son esprit...Son corps était las, mou, incapable du moindre mouvement et pourtant elle sentait une force en elle, toujours plus puissante, tournoyant dans son crâne. Ava avait la certitude qu'elle pourrait briser un à un les os de la psychologue sans forcer réellement...Horrifiée, la religieuse serra les poings, la douleur dans ses articulations la calmant à peine. Des sentiments et des pensées étrangères, elle n'avait que ça depuis son réveil. La jeune femme ne comprenait pas son comportement instinctif et ces pensées malsaines et impures...

Je crois que oui...mais quel rapport avec ce qu'il s'est passé?

Elle ne comprenait pas, n'arrivait pas à rassembler ses souvenirs...juste la douleur à son cou puis le noir total...et son réveil ici, à l'hôpital...

    Le rapport c'est nous, ma chère et frêle enveloppe corporelle...

Sursautant, la religieuse porta instinctivement la main à la cicatrice encore bien visible. La peau était brulante, tendue par les nerfs et les muscles qui se contractaient à l'extrême, puis un violent mal de crâne lui cloua les paupières. La douleur, toujours la douleur...Pour la première fois dans sa vie, Ava désirait qu'elle s'arrête et qu'on lui donne des calmants.

[c'est court...et j'aime ça!]
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Naomi Moore
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PostPosted: Thu 11 Mar - 19:57    Post subject: Les chambres Reply with quote

Et voilà. Elle venait de poser la question qui amorçait la suite, c'est-à-dire l'annonce de cette nouvelle. J'eus du mal à déglutir à ce moment-là et je fuyais son regard. Il fallait que je me concentre afin de trouver les mots justes, même si ils ne devaient pas exister dans une telle situation. Et la voir ainsi mal au point et qui semblait totalement perdue, cela ne me rendait pas à l'aise du tout. Je restais silencieuse, sans penser qu'elle allait sans doute trouver le temps long. Puis je me levais de ma chaise et je commençais à marcher un peu partout dans la chambre, fixant le sol et lui jetant parfois quelques regards, sans pour autant m'attarder.
Dans le silence de la pièce, seuls le "bip" de l'électrocardiogramme et le bruit que faisaient mes talons sur le sol résonnaient. Je ne m'en rendais pas compte sur le moment, mais cela devait être assez stressant d'attendre une réponse qui ne venait pas et à la place entendre les bip incessants et le bruit de mes talons.
Je continuais à marcher, en me triturant les doigts, toujours en train de chercher de quelle façon je devais lui dire, j'avais l'impression qu'en lui annonçant cette nouvelle c'était un peu comme si c'était moi qui l'avait mise dans cet état. Je me sentais coupable de devoir lui dire, mais il fallait bien que quelqu'un s'en charge, quelqu'un de plus humains que les médecins, qui ne s'intéressaient qu'au "cas", qu'à la maladie. Si toutefois c'était une maladie.
Il ne fallait pas non plus que je perde trop de temps, plus j'allais attendre et plus cela allait être dur de lui annoncer et pour elle cela allait être encore plus dur à entendre.
Je cessais de marcher et je me rendais compte que cela faisait du bien de ne plus entendre mes talons cogner sur le sol, même si la machine à côté d'Ava continuait à faire ses éternels "bip".


- Il y a un rapport direct en fait avec ce qu'il s'est passé cette nuit là. Vous n'avez pas été attaqué par une simple personne, mais par une créature...

Je faisais une pause à ce moment-là, non pas pour mettre un peu de suspens parce-que ce n'était vraiment pas nécessaire de faire ça. Mais plutôt parce-que j'avais un peu peur de lui dire, je trouvais ça trop rapide, trop brut, mais il n'y avait pas de manières douces pour le dire, alors après avoir prit une légère inspiration je finis ma phrase:

- Un lycanthrope. Je ne sais pas si vous étiez au courant de leur existence... Mais c'est le cas et nous pensons...

Non, c'est complétement débile de dire ça, ne lui donne pas de faux espoirs Naomi et dis lui la vérité !

- Enfin... nous sommes sûr qu'il vous a contaminé.

Je m'arrêtais à ce moment-là. J'avais l'impression de l'achever en lui disant tout ça et de cette façon. J'attendais de voir sa réaction avant de continuer à parler. Elle allait sans doute être dans le déni, et c'était absolument normal de ne pas vouloir croire à ça, mais j'étais là aussi pour m'assurer qu'elle comprenne, que ce n'était ni une blague, ni pour l'embêter, que c'était simplement vrai.


[ouais tu as raison, c'est bon aussi quand c'est court ! ]
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Ava Theodora
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PostPosted: Sun 28 Mar - 15:10    Post subject: Les chambres Reply with quote

Lycanthrope? La jeune femme connaissait ce mot, mais il sortait tout droit des anciens livres, ceux de l'Inquisition, et elle ne croyait pas à ces légendes infondées d'humains se transformant en loups lorsque la lune était pleine. Ava voyait plutot cela comme une incarnation du Malin, possédant les mortels pour les rendre fous et asseoir son pouvoir sur les âmes en détresse. Des âmes que les serviteurs de Dieu se devaient de libérer par la prière.

    Et bla bla bla...t'en as pas marre sérieux?

Un nouveau mal de crâne surgit, lui envoyant comme une décharge électrique à travers le corps. La jeune femme porta instinctivement la main à sa tête, cherchant un moyen de faire se calmer le mal qui l'assayait. Quelle était cette voix qui résonnait sans cesse, à l'écho si dérangeant? Etait-ce donc ça la lycanthropie? Ou subirait-elle aussi une transformation physique?

La jeune religieuse était complètement perdue, à la limite de l'état de choc, mais elle n'arrivait plus à rester calme. Ses mains se crispaient sur les draps le long de son corps, ses muscles tressautaient comme si on l'avait reliée à un courant haute tension, et sa vue se brouilla à nouveau. Elle bascula dans les ombres de son propre esprit, pendant que le rire sinistre de l'autre s'élevait. Elle, puisque la présence semblait être une femelle, riait, heureuse.

    Alors ma jolie petite pubibonde, tu viens me rendre visite?
    Qu'êtes vous?
    Elle savait que pour faire partir les démons, il fallait les nommer. Et réciter des prières en appelant le Seigneur...


Le corps de la jeune femme se convulsait de plus en plus, certains de ses os craquaient comme s'ils étaient brisés par une puissance extérieure. Et pourtant son pouls restait calme, presque trop même, ralentissant au fur et à mesure que la conversation interne avait lieu.

    Qui je suis? Je suis toi et moi, le début et la fin...comme vous dites déjà? Ah oui, l'Alpha et l'Oméga...même si tu meurs, je te survivrais...
    Ton nom, créature! Donne moi ton nom!
    La si calme jeune fille ne se reconnaissait pas...Elle s'était découvert une saine colère, aussi forte que sa foi, et elle ferait tout pour chasser cette présence de son crâne, de son corps.


Une à une, les côtes se brisèrent pour se reformer en plus large, pendant que le visage de la jeune femme prennait des allures lupines. Ses mains s'allongèrent, et ses doigts s'armèrent de griffes toutes animales.

    Et dans ta sainte quête de la vérité, tu crois pouvoir me chasser? Pauvre petite chose pétrie de foi inutile...Lehann....Appelle-moi Lehann...
    Notre Père qui êtes aux Cieux, que votre Nom soit sanctifié...
    Comme si on l'avait gifflé, Ava recula.
    Tu ne peux rien contre moi, en tout cas pas comme ça!


Son corps se cambra à l'extrème, menaçant de briser les sangles qui la retenait. Puis tout s'arrêta...le corps plus animal qu'humain retomba lourdement sur le lit, et les yeux s'ouvrirent, pas encore affectés par les changements de la bête. Une voix, sa voix, s'éleva à peine, comme un souffle.

Délirez-nous du Mal...

Et le ''bip'' de l'électro-cardiogramme s'arrêta...
Elle est pas morte hein...mais jte laisse l'honneur de lui fait le massage cardiaque!

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