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:: Les allées du quartier John Merrick ::
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Mr.Behemoth
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PostPosted: Tue 24 Nov - 14:57    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote



Les allées de ce quartier sont surplombées par la grande roue enflammée.
Les petits chemins, soit en terre battue soit pavés de brique jaune, sont éclairés en permanence par des vieux lampadaires les bordant sur toute leur longueur, mettant pleinement en valeur les stands qui s'y trouvent: barbe à papa, joueurs d'orgue de barbarie, petits manèges lugubres...

Une vraie ambiance du siècle dernier, délicieusement rétro.

_________________


Votez pour nous pauvre rôle-player, maintenant et à l'heure de votre mort
X~X~X~X~X~X
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Hector
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PostPosted: Wed 25 Nov - 10:23    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Des sabots martelaient le sol, résonnant doucement sur le petit chemin de briques jaunes. Un éclair d'argent fila vers le terrain et embrocha sans pitié le papier gras qui tenta de s'échapper sous l'impulsion du vent.

Ah, ces touristes... Pas fichu de viser les poubelles.

Hector ne comprenait pas la manie qu'avaient les tout nouveau visiteurs du parc à laisser trainer leurs détritus. En fait, même, Hector ne comprenait pas grand chose à l'ensemble des moeurs des Humains. Pour l'instant, il s'occupait des poubelles et cela lui suffisait. Mr. Behemoth l'avait assuré qu'il s'agissait là d'un travail capital et de première nécessité. Le centaure en convenait : sans lui et ses collègues, le parc d'attraction se transformerait vite en décharge.

L'emballage vide solidement fiché au bout de sa pique argentée vint terminer son parcours dans la plus proche petite cage métallique. Puis, appuyant précautionneusement sa lance contre un panneau directionnel, le préposé aux poubelles agrippa le sac, fit glisser la ficelle autour du torchon qu'il fit à l'extrémité du plastique et le noua en un noeud rapide et robuste. Puis, d'un coup d'épaule, il propulsa le tout sur son dos et l'attacha à son harnais. Avec ses cinq autres contenants plastifiés suspendus dessus, il ressemblait à une étrange guirlande de Noël.

Hector remit ses sabots en action tout en empoignant son arme. Jamais il n'aurait pensé que sa lance servirait une si basse besogne. Mais pour parachever sa réinsertion sociale, le centaure était prêt à payer de son temps, de son corps et de sa bonne volonté.

Après tout, même s'il était encore robuste, il arrivait à l'automne de sa vie. Il lui fallait trouver un raccourci, s'il comptait acheter à temps sa rédemption.
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Mary-Lou
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PostPosted: Wed 25 Nov - 12:33    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Mary-Lou gambadait gaiement. Elle avait son ticket d'entrée dans la petite poche de sa robe, à côté de son doudou qui dépassait un peu.A l'entrée du parc, elle avait été effrayée par quelques manèges. Surtout ceux où les gens ressortaient tout blanc et où il y avait des cris.

Ses parents lui laissaient choisir sa route, cédant quasiment à tous ses caprices. Heureusement, ils n'étaient pas nombreux et elle était facile à contenter. A cet âge là, rien que l'emballage du paquet cadeau est amusant.

Elle s'était dirigé vers le feu. Fascinée par la grande roue enflammée, c'est donc dans le quartier de John Merrick qu'elle déambulait.
Les yeux écarquillés, la bouche à demi-ouverte, elle admirait tout ce qui était autour d'elle, lachant de temps des "hoooooooooooo" et des "haaaaaaaaaaaa" et des "Papa papa ! Regaaaaaaaaaarde !!!! " (ou alors maman, ça dépendait des fois).

Elle repéra un marchand de barbes à papa.

- MAMAN ! Maman, dis... je veux ça !

Sa mère se pencha en souriant vers elle.
Qu'est-ce qu'on dit ma chérie ?
heu.. S'il te plaiiiiiiiiiiiit maman !

Sa maman l'emmena choisir son parfum, pendant que son père continuait un peu plus loin sa passionnante discussion téléphonique.
Elle avait choisi Fraise.
Sa barbe à papa dans sa main valide, elle courut vers son père.... mais s'arrêta avant.

Les yeux écarquillés, elle venait de tomber sur la plus merveilleuse chose qu'elle n'avait jamais vu : Un cheval avec des bras !
Il était immense ! Et elle du lever la tête pour voir celle du centaure.

Whhhhhhhhhhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!!
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Hector
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PostPosted: Wed 25 Nov - 15:42    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Le centaure stoppa net sa course. Ce soupire d'admiration semblait particulièrement proche. Il baissa les yeux et eut l'occasion de voir l'une des plus adorables petites filles le regarder avec des yeux taille "géant". Un peu ce regard constellé d'étoiles qu'un enfant avait lorsqu'on lui présentait le Père Noël et sa hotte à cadeaux pour la première fois.

Bonjour, petite fille.

Elle dépassait à peine du sol, arrivant péniblement à la hauteur de la patte antérieure du centaure, lequel culminait 1,30 mètre plus haut.
L'étalon avait sortit sa voix du dimanche. Ou plutôt, ce qu'il pensait être une voix profonde et chaleureuse : on ne savait jamais avec exactitude de quelle façon les enfants percevaient le monde qui les entoure.
Hector se pencha quelque peu en un sourire :


Hoooooo, mais dis-moi... Qu'est-il arrivé à ton bras ?

Le demi-équidé se rappela alors l'une des raisons qui l'avaient poussé à se rendre au Zombillénium. Les enfants. Ces petites boules roses, si inoffensives, si innocentes, si... simplement jeunes et inconscientes ! Hector avait toujours été touché par la vulnérabilité des enfants et la nécessité de les protéger contre les dangers qui pouvaient survenir.
Voilà pourquoi il faisait partit du staff "Sécurité et Entretien". Un profond sentiment de gardien, enraciné au plus profond de son être, l'y avait poussé.

Cependant, il n'avait jamais imaginé quelle pouvait être leur réaction lors d'une véritable confrontation, en face à face... Ni avec leurs parents qui eux, se poseraient à coup sûr des questions sur le "monstre" qu'il était.

Mais il allait être rapidement fixé, apparemment.
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Mary-Lou
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PostPosted: Wed 25 Nov - 16:02    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Elle était en plein rêve! Un cheval qui parle !! C'était mieux que dans les contes de fée et les histoires de Petitpas le poney !
Et en plus, il avait une voix gentille. Pas vraiment comme elle l'imaginait, n'aillant pour référence que des débilités pour enfants avec des voix de crécelle. Mais cette voix était érotico-rassurante, à la différence près que le "érotico" se transformait en "sympa" chez Mary-Lou.

Et en plus, il avait vu son plâtre et il s'inquiétait.
Du haut de ses 4 ans, elle était fière d'avoir un plâtre et surtout que tout le monde le regarde !
Elle le leva bien haut pour qu'il le voit mieux :

T'as vu ? Il est beau hein !
C'est mon poney qui m'a fait tomber.


Sa petite voix ne contenait aucun reproche contre le poney en question. Sa maman lui avait expliqué que le cheval avait eu peur d'un oiseau qui passait un peu bas et qu'il avait paniqué.
Elle savait bien ce que c'était la peur, donc elle ne lui en voulait pas d'avoir eu peur et de lui avoir fait mal.
* C'était pas fait n'exprès ! *

Par contre, lui demander d'éviter le sujet des poneys et autres équidés avec un centaure, c'était trop pour sa franchise de gosse.

Sa maman la suivait de près et en voyant le centaure, elle était plutôt pétrifié. Mais en entendant le ton qu'il prenait avec sa fille elle se rassura. Après tout, ils étaient clients, et les clients sont les rois surtout dans ce genre de parc d'attraction.
Son père quand à lui, bien trop occupé avec son travail, ne remarqua même pas qu'il était à moins de 3 mètres d'un mythe vivant.

La seule chose qui dérangeait la mère à ce moment là, c'était surtout qu'il transportait des sacs poubelles, et qu'elle ne tenait pas à ce que sa fille s'en approche trop.
Mais son air émerveillé avait eu raison de son angoisse pour les microbes et autres cochonneries.

A ce propos, il avait fait bouger les sacs en se penchant vers Mary-Lou et l'odeur parvint jusqu'à ses narines.

Pourquoi tu pues comme ça ?

Ha, la franchise enfantine... on dit que la vérité sort de la bouche des enfants, c'était totalement vrai pour Mary-Lou !

Elle avait dépassé le stade d'émerveillement pour contempler le centaure et sa curiosité reprenant le dessus, la petite était bien décidé à lui poser toute les questions qui lui venaient !
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Hector
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PostPosted: Wed 25 Nov - 23:56    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Hector vit le petit bout d'humain dresser vers lui fièrement son bras plâtré, comme un trophée à sa gloire. Le centaure lui rendit un sourire en guise de félicitations : visiblement, la fillette bravait courageusement la douleur que la blessure devait lui faire endurer.

Pourquoi je ?

Le semi-équidé lacha un nouveau sourire. Bien sûr, les sacs à poubelle. Il en était venu à les oublier, arrangés en étrange guirlande sur son dos. D'ailleurs, il profita de la remarque de la jeune visiteuse pour harponner successivement un sachet d'aluminium ayant vraisemblablement servi à contenir des chips, un papier-carton encore taché de chocolat ainsi qu'un énième sac en plastique à l'aide de sa lance.

C'est parce que je dois ramasser tous les vilains papiers que les gens mettent par terre à la place de les mettre dans les poubelles.

Ce disant, il s'approcha d'un conteneur monté sur des roues de charrette, puis défit son harnais. Décrochant lentement les sacs un à un, il les lança précautionneusement dans le bac de métal, non sans y avoir engouffré préalablement les dernières ordures qu'il venait de ramasser.

Je compte sur toi pour mettre ton petit baton à la poubelle, lorsque tu auras fini ta barbe à papa lui lança le Lancier d'un ton amical, comme pour une confidence. Ou plutôt, comme pour lui demander un service.
Un rapide coup d'oeil le renseigna sur l'attitude de celle qui semblait être sa mère. Un brin de soucis se lisait dans son regard. Après tout, c'était son travail : quelle mère ne se souciait pas de sa progéniture, lorsqu'elle tournait autour d'un cheval. Alors pensez ! Si elle trottinait autour d'un cheval à buste et visage humain, qui de surcroît parlait !
Mais en même temps, elle ne semblait pas non plus vouloir mettre un terme direct à l'émerveillement de sa fille. En cela, le centaure pouvait la remercier. La vie pétillante qui débordait des yeux de la môme lui mettait un peu de baume au coeur, dans son ingrat travail de préposé aux poubelles.


Les attractions te plaisent ?

La question sortit alors que Hector passait lentement des sangles dans les boucles de son harnais, lesquelles le reliaient directement au conteneur.

Une drôle de calèche pour un drôle de cheval, en vérité.
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Mary-Lou
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PostPosted: Thu 26 Nov - 11:01    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Haaaa !
Oui oui, je mettrai dans la poubelle.
Maman elle dit toujours qu'il faut pas jeter par terre, c'est pas propre et c'est pas beau !


Elle lui décocha un superbe sourire. Elle savait qu'elle avait répondu juste, et puis elle tenait à faire plaisir à ce drôle de cheval sympathique.
Elle fut ravie qu'il lui pose une autre question. Elle adorait raconter sa vie et parler des choses qu'elle voyait.

J'aime pas le truc où les gens ils ont peur ! Après ils sont tout moches, ils perdent toutes leurs couleurs.
Elle lui chuchota, enfin, autant qu'elle pouvait chuchoter pour une oreille qui la surplombait de 2 mètres.
J'en ai même vu qu'ils étaient malades ! Berk
Elle reprit plus fort.
J'ai fait un tour de manège, c'était bien ! Mais les chevaux du manège ils sont quand même beaucoup moins joli que toi !
Et j'aime bien la roue avec le feu aussi ! Mais je monterai pas dessus, ça fait trop peur ! c'est joli.


Elle s'arrêta un instant pour reprendre son souffle, le regardant s'attacher à la drôle de cariole qui portait les poubelles.

C'est pas trop lourd ? ça doit pas être rigolo de ramasser les poubelles... pourquoi tu fais ça et pas d'autres trucs ?
Tu voudrais faire quoi toi ?

Moi quand je serai grande, je veux être goûteuse de bonbons ! ou bien esploratice de parc!
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Hector
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PostPosted: Thu 26 Nov - 13:56    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Oh, mais c'est très bien ! Tu es une petite fille adorable. Ta maman a bien raison !

Et il jeta un regard amusé à la maman en question, qui n'était encore pas intervenue. Le centaure se demandait ce qui pouvait bien lui passer par la tête, en ce moment, d'ailleurs. Mais tant qu'elle ne montrait pas de geste hostile, il n'avait pas à s'inquiéter, non ?

Oh, c'est vrai ? Des personnes qui étaient toutes changées de couleur ? Vertes, bleues, rouges et tout et tout ?

Hector entra dans le jeu de l'enfant, l'oeil pétillant de malice. La gamine ne laisserait probablement pas passer l'occasion de montrer sa supériorité au stupide cheval qui semblait croire qu'un humain pouvait jouer les caméléons à ce point.
Puis il ajouta à la suite - oui, fallait le tenir, le rythme, avec une gamine qui vous dégomme 2000 mots à la seconde, sans même prendre le temps de respirer. Faut les viser, les moments où elle reprend son souffle ! - de sa remarque sur son travail.


Ce que je voudrais faire ? M'assurer qu'il n'arrive rien de mal aux petites filles comme toi. Comme, par exemple, ne pas glisser sur une peau de banane, pour le moment !

Le semi-équidé s'escrimait toujours à attacher le conteneur à son harnais. Il faut dire que cela ne lui était pas aisé, sa partie "humaine" ne tournant pas à 180°. Il faudra qu'il trouve une nouvelle astuce pour les déplacer, ces bennes. Ses collègues, eux, pouvaient les atteler directement à leurs véhicules. Mais lui, il se voyait assez mal au volant d'une de ces ridiculement petites voiturettes.

Goûteuse de bonbons ? C'est un joli rêve ça ! Mais dis-moi...

Le centaure se pencha quelque peu, comme pour dire un secret à sa petite interlocutrice. Enfin... il fallait compter qu'avec sa voix, le secret allait glisser dans les oreilles des passants également...

Tu n'es pas déjà un peu une... exploratrice de parc, avec tes parents ?

Un petit sourire pointa à ses lèvres. Décidément, Hector souriait beaucoup. Certains pourraient même le trouver niais. Ou complètement gâteux.

Mais peu importe. Il faisait sourire la petite fille qui lui apportait un peu de fraîcheur dans son travail. Et c'est tout ce qui importait.
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Mary-Lou
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PostPosted: Thu 26 Nov - 15:05    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

La maman de Mary-Lou se rapprocha. Il n'avait pas l'air méchant ce cheval qui parlait, et tant qu'il ne touchait pas à sa fille, tout allait bien.
Elle avait quand même repéré un vigile près de la grande roue enflammée au cas où un accident se produirait.

Son mari était toujours au téléphone et elle lâcha un soupir d'exaspération en le regardant. Elle était lasse du fait qu'il ne s'occupe ni d'elle, mais surtout ni de sa fille. Elle aurait pu parler à un squelette, ou se faire enlever par un ours géant qu'il n'aurait pas bougé d'un poil.

Heureusement que sa petite Mary-Lou était formidable. Elle entendit le centaure plaisanter avec elle et elle adressa un superbe sourire à cet employé du parc.

* Le pauvre, ramasser les poubelles avec un déguisement aussi réussi. Le propriétaire de ce parc gâche son potentiel ! Il serait beaucoup mieux en spectacle équestre... *

Quand à la petite Mary-Lou, elle avait bien compris qu'il se moquait d'elle avec cette histoire de couleurs. Elle était grande, elle savait bien que les personnes ne pouvaient pas être comme ça !

Mais non heu ! Ils étaient pas rouges ou bleus ! Ils étaient tout blancs ! et un peu vert aussi !

Nan, je suis pas encore esploratice de parc.
Elle n'arrivait pas à le prononcer correctement.
Une esploratice, elle peut faire tout les manèges, et aussi elle peut dire que si elle aime pas, hé ben, ça peut changer !

Moi si j'aime pas, ben y'a que maman qui s'intéresse. Le monsieur du manège il continue quand même.


Elle prenait les choses dans le désordre.

Ha oui, ça glisse une peau de banane ?
Et pourquoi t'emmènes pas les gens se promener sur ton dos ?
Parce que c'est les policiers qui me protègent.


Elle avait bien appris sa leçon : les policiers pouvaient la protéger. Sa maman lui avait toujours dit d'aller chercher un policier si quelqu'un l'embêtait. Et de crier très très fort aussi.

Comment tu peux me protéger, t'as pas de costume.
Et puis, un cheval c'est pas fait pour protéger si ?
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Hector
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PostPosted: Sun 29 Nov - 11:52    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Oh, mais nous aussi, ça nous intéresse, si tu n'aimes pas.

Mais Hector n'allait pas commencer à se perdre dans les méandres du fonctionnement du service-client et des enquêtes de satisfaction. Ce genre de choses seraient de la responsabilité de ses parents. Ou plutôt, de sa mère. Vu que son paternel était toujours suspendu au téléphone, il risquait de simplement cocher la note "moyenne" à "bien" sans même lire les questions du rapport.

Mais bien sûr que ça glisse, une peau de banane. Tu n'as jamais vu ça à la télé, dans les films et les dessins animés ?

A vrai dire, le centaure était persuadé que les peaux de banane, ça glissait invariablement. N'ayant jamais eu ce fruit en main et n'ayant jamais été détrompé sur le sujet - ni n'ayant été mis au courant sur le principe de comique de situation - il n'avait pas eu d'autres informations que celle provenant de la boite à images. Et il se disait que si lui, n'avait pas encore eut d'accident, c'était probablement grâce à son unique chance de posséder quatre pattes.
Puis le semi-équidé se perdit dans le flot mal composé de remarques et questions de la fillette. Tantot, elle parlait de policier. Puis de prendre des personnes sur son dos. Puis encore, de cheval de protection. Il y avait de quoi se retrouver en pleine confusion.


Je n'ai peut-être pas de costume. Mais j'ai une grande lance ! articula-t-il dans un sourire. Et en effet, sa lance brillait doucement dans la lumière diffuse.

Et puis, je ne suis pas vraiment un cheval. Je suis un centaure. Je suis un peu comme un cheval. Et un peu comme toi !

Un index bienveillant s'était pointé tout d'abord vers un petit cheval de manège, puis vers la petite fille, au fur et à mesure qu'il égrainait ses mots. Complètement gâteau, le vieux semi-homme aux cheveux blancs...

Et moi, je dois porter les poubelles. C'est pour ça que je ne porte personne sur mon dos.

Entrer dans un vif débat au sujet de la réticence des centaures à se faire "monter" par qui que ce soit aurait été stérile avec une petite fille. Les gens de son espèce répugnaient à servir de monture. Au final, c'étaient des personnes intelligentes, douées de raison, de sentiments. Pas de simples animaux domestiqués afin de réaliser des tâches ingrates ou de faire plaisir à des gamines de riches de 16 ans, lorsqu'elles passaient du poney au cheval. Un centaure, c'était noble et fier. Les exceptions à ce refus étaient rares et relevaient la plupart du temps de la nécessité plus que de la bonne volonté.

En parlant de poubelles. Hector devrait peut-être s'y remettre, non ? Le PDG ne serait pas forcément content qu'il taille le bout de gras avec une petite fille. Ce n'était pas à lui de faire le "relationship". Mais en tirant fort et si bien sur les sangles, il ne réussit qu'à en casser l'une d'entre elle et à s'estropier le doigt, ce qui le fit jurer plus ou moins dans sa barbe et dans un affreux dialecte grec.
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Mary-Lou
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PostPosted: Mon 30 Nov - 21:38    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Un cen-to-re
La petite fille répéta ce nouveau mot.
Pour elle maintenant, un centaure c'était :
- un cheval avec une tête d'homme
- une voix grave et gentille
- un nouveau copain

Et tant qu'un autre centaure ne déferait pas cette image, elle les trouverait tous charmant et agréable.

Elle comprenait qu'avec les poubelles, il n'y avait plus de place sur son dos.

ça doit pas être agréable, les poubelles ça sent pas bon.
Les gens ça sent meilleurs.

Enfin, sauf Tante Agathe. Elle sent pas très bon.

Et en plus, tante Agathe était pas sympa, alors qu'un sac poubelle finalement, ça ne demandait rien et c'était beaucoup moins pénible.

Alors qu'elle en était à ses réflexions sur tante Agathe et tout en grignotant un peu de barbe à papa à la fraise, elle observait le centaure tirer sur sa carriole. Elle ne voulait pas venir.

ça doit être lourd !
Un juron lui coupa la parole et elle recula d'un pas, effrayée par le ton pris par le centaure et surtout parce qu'elle avait vu du sang sur son doigt.

MAMAAANNN !!

Sa mère se précipita pour la prendre dans ses bras, reculant encore un peu. Entre deux sanglots, la petite réussit à lui glisser

Bobo cheval maman ! snif... là ! snif...
Et elle tendit le doigt en direction de son nouveau copain. Elle pleurait, effrayée par le fait qu'un truc aussi grand se soit fait mal, et aussi parce que son empathie d'enfant ressentait la douleur comme si elle s'était elle-même coincée le doigt dans la sangle.
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Hector
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PostPosted: Tue 1 Dec - 00:09    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Le centaure sursauta, alors que la fillette hurlait en courant vers sa mère. Laquelle ne put s'empêcher de faire un pas en arrière, d'ailleurs. Il demeura interdit pendant quelques secondes, ne comprenant pas tout à fait ce qui s'était passé. A cette disance, il n'entendait pas ce que la petite fille glissait à sa maman, entre deux sanglots. Tout ce qu'il comprenait, c'est que visiblement, il avait réussi à lui faire peur, comme en témoignait le doigt inquisiteur pointé en sa direction.

Et ça, il ne l'avait de loin pas voulu.


Je suis... Désolé. Je ne voulais pas lui faire peur.

Il avait réussi à effrayer le plus adorable être vivant qu'il avait eu l'occasion de rencontrer. Et cela lui infligeait une très grande peine. Lui qui ne voulait pas ressembler à ses frères si prompt à la colère, il avait fait ressortir son instinct animal bien rapidement.

Je ne vais pas vous indisposer plus longtemps... Bonne journée à vous !

Incapable de sangler correctement le conteneur à son harnais, il ficha sa lance dans ce dernier, puis enroula lesdites sangles autour de ses épaules. Puis, bandant ses muscles et prenant un peu d'élan, il décolla la lourde masse métallique qui se mit en mouvement, au rythme des sabots martelant lentement les pavés de l'allée. Il fit quelques pas, la tête basse, avant de jeter un regard sur la petite.

Qui aurait cru que ce grand gaillard se laisserait à ce point décontenancer par les pleurs d'une petite fille ?
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Mary-Lou
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PostPosted: Thu 3 Dec - 21:26    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Mary-Lou lançait des regards suppliants à sa maman entre deux sanglots. Hoquetant elle répéta pendant que le centaure s'excusait :

- un panment, maman, le panmant.

La mère, surprise ne savait plus quoi faire alors que le centaure enroulait la sangle sur lui. Sa fille voulait qu'elle le soigne, et comme elle la connaissait, elle ne la lacherait pas tant qu'elle ne l'aurait pas fait.

Le pauvre homme s'était excusé en plus, croyant qu'il l'avait effrayé.
Même si elle n'était pas du tout fan de ce parc et de ces attractions et déguisements bizarres, elle était là pour faire plaisir à sa fille.

- Attendez ! Lança t'elle alors que le centaure s'élançait.
Elle s'approcha de lui, tenant toujours Mary-Lou dans ses bras, qui commençait à se calmer maintenant que sa mère avait bougé.

- Vous ne l'avez pas effrayé, elle pleure parce que vous vous êtes blessé.
Mary-Lou hocha vivement la tête pour montrer son accord.
Elle tendit son platre.

- Bobo, faut le panment
Sa mère acquiesca et la reposa tout en farfouillant dans son sac.
Oui ma chérie, je vais trouver un pansement.
En mère parfaite, elle avait toujours le nécessaire pour soigner les petits bobos dans son sac. Elle en sortit un pansement auto-adhésif.

- Vous permettez ?
Elle ne vous laissera pas partir tant que vous n'êtes pas soigné.

Enfin, du moins tant qu'elle pensera que vous n'êtes pas soigné.
ajouta t'elle plus bas. Un pansement ne pouvait pas grand chose, mais c'était surtout l'effet psychologique.

Mary-Lou regardait le centaure avec attention, et sa mère avec reconnaissance. Pour un bobo, il fallait un pansement !
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Hector
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PostPosted: Mon 7 Dec - 02:05    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Ooh...

Qu'y avait-il de plus éloquent qu'un "Ooh" ? Témoin de la surprise non-feinte, touchante, s'accompagnant parfois d'un sentiment de gêne, le "Ooh" prend même la forme de la bouche qui le prononce. Une onomatopée précise, dévoilant la circonspection de la personne qui l'émet, la plaçant sur une sorte de banc des accusés. Impossible de le nier ! Celui qui laisse s'échapper un "Ooh" ne pourra feindre de ne pas avoir ressenti une quelconque émotion : preuve flagrante, il ne pourra que plaider coupable.

C'est pour cela que malgré sa fierté et son mauvais caractère, le centaure se laissa faire, magnanime. Après tout, cela ferait plaisir à la petite fille. Et serait certainement très bon aussi pour sa thérapie comportementale. L'apprentissage de la gestion de sa colère n'était pas simple. Cependant, il n'avait encore agressé aucun des visiteurs. Pour l'instant... Ses seules victimes étaient ces détritus que les gens laissaient traîner ça et là et que sa lance en venait percer le coeur.


Je vous remercie, Madame. Vous avez une petite fille adorable.

Nouveau sourire sous la toison argentée et les rides. Hector tenait plus du fringant grand-père que du copain de bac à sable, mais la compagnie de la fillette lui prodiguait un très grand plaisir. Et une bonne excuse pour feignasser encore un peu !

Nous avons rarement l'occasion de passer du temps avec nos charmants visiteurs, dans notre métier. Les gens ont tendance à nous considérer comme de vulgaires laquais à leur service.

Une main nouvellement pansée vient se placer sur sa bouche.

Oh, excusez-moi, je n'aurais pas dû parler comme ça. Cela m'a échappé.

Déblatérer sur le patron ou sa Komandantur n'était de loin pas une bonne idée, surtout en compagnie d'un client. Quel PDG accepterait un comportement pareil de la part d'un de ses employés ? Même si Hector estimait que sa place était à la sécurité et non pas au gardiennage, il se devait de suivre sa cure comportementale et non pas afficher ses opinions divergentes à l'encontre du pouvoir en place. Après tout, Béhémoth était son sauveur, celui qui l'avait tiré des griffes de la solitude.
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Mary-Lou
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PostPosted: Wed 9 Dec - 23:07    Post subject: Les allées du quartier John Merrick Reply with quote

Mary-Lou sécha ses larmes et gratifia le doigt enrubanné du centaure d'un immense sourire.
Croquant à pleines dents dans sa barbe à papa, elle en mâchouilla un morceau.

*Pff ça y est, les grands se paaaarlent.... *

Elle avait appris que quand les grands se parlaient, il était malvenu de venir les ennuyer. Surtout quand c'était son papa qui parlait en réalité. Mais les habitudes sont tenaces et en petite fille bien élevée, et surtout distraite par tout ce qui bouge, son attention se reporta sur la grande roue enflammée et sur les personnes qui osaient y monter.

La maman de Mary-Lou excusa la franchise du centaure sans peine.

Je vous en prie, j'en connais un du même genre... et elle osa un regard vers son mari, toujours suspendu au téléphone.
Je suis ravie que Mary-Lou vous ait rencontré.
Nous allons peut-être vous laisser travailler.

Mary-Lou, viens dire au revoir au monsieur.


Mary-Lou se retourna et fit un joli signe de la main tout en corrigeant sa maman.
C'est pas un monsieur maman, c'est un "cent-au-re" ! et toute fière, elle attendit l'approbation du sus-nommé centaure.
Au revoir centaure ! à bientôt !
et fais attention à pas te faire bobo !


La maman regarda le centaure avec un sourire amusé.
Ce parc fonctionnait bien, sa fille était persuadée d'avoir vu un véritable centaure !

Au revoir monsieur le centaure alors. et elle accompagna ses mots d'un clin d'oeil. Il était évident que son costume était très bien fait mais que les centaures n'existaient pas.
Elle s'éloigna un peu, appelant la petite dont le regard fixait toujours le centaure, attendant qu'il parte en premier pour pouvoir encore agiter la main.
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